October 19, 2019 / 2:48 PM / a month ago

Le vote sur le Brexit ajourné, Johnson exclut tout report

LONDRES (Reuters) - Enième rebondissement dans un feuilleton qui dure depuis plus de trois ans, le vote prévu samedi au Parlement britannique sur l’accord sur le Brexit, conclu cette semaine entre Londres et Bruxelles après d’intenses tractations, a été reporté, ouvrant une nouvelle page d’incertitudes sur la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson. Enième rebondissement dans un feuilleton qui dure depuis plus de trois ans, le vote prévu samedi au Parlement britannique sur l'accord sur le Brexit, conclu cette semaine entre Londres et Bruxelles après d'intenses tractations, a été reporté, ouvrant une nouvelle page d'incertitudes sur la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. /Photo prise le 19 octobre 2019/REUTERS/Jessica Taylor/©UK Parliament

Réunis depuis le début de la matinée en session parlementaire extraordinaire au palais de Westminster, les députés britanniques ont adopté en milieu d’après-midi par 322 voix contre 306 l’amendement du député Oliver Letwin qui prévoit de reporter tout vote sur le Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’a pas été votée au Parlement.

Ce coup de théâtre a été accueilli par des applaudissements parmi les manifestants venus réclamer devant la Chambre des communes un nouveau référendum après celui de juin 2016 lors duquel 52% des Britanniques avaient voté en faveur du départ de leur pays du bloc européen.

Déplorant le report du vote, le Premier ministre britannique Boris Johnson, partisan d’un Brexit le 31 octobre “avec ou sans accord”, a pour sa part réaffirmé qu’il ne négocierait pas de report avec l’Union européenne.

“Je vais dire à mes amis et mes collègues de l’UE exactement ce que j’ai dit à tous au cours des 88 derniers jours, depuis que je sers en tant que Premier ministre : que tout report serait mauvais pour ce pays, mauvais pour l’Union européenne et mauvais pour la démocratie”, a prévenu le locataire du 10 Downing Street.

Adoptée en septembre, la loi Benn contraint Boris Johnson d’envoyer une lettre aux Européens d’ici samedi soir pour demander un nouveau report du Brexit à fin janvier 2020.

Selon Jacob Rees-Mogg, ministre chargé des Relations avec le Parlement, un nouveau vote sur l’accord sera organisé lundi mais cette décision revient au président de la Chambre des communes, John Bercow, qui a dit qu’il se prononcerait sur la question lundi.

“INFORMER DÈS QUE POSSIBLE”

A Bruxelles, la porte-parole en chef de la Commission européenne a “pris note” du vote et indiqué qu’il appartenait au gouvernement britannique de l’”informer dès que possible des prochaines étapes”.

Les ambassadeurs des Vingt-Sept se retrouveront dimanche à 09h30 (07h30 GMT) pour évoquer la suite du processus.

Au-delà de Bruxelles, la séance extraordinaire de ce samedi à Londres était scrutée de près par les partenaires du Royaume-Uni, dont une partie - la chancelière allemande Angela Merkel et le chef de l’Etat français Emmanuel Macron en tête - aspire à pouvoir tourner la page de l’interminable feuilleton du Brexit.

Faisant écho à cette lassitude, et s’en tenant à la ligne tenue par Paris depuis plusieurs mois, l’Elysée a estimé qu’un délai supplémentaire “n’était dans l’intérêt de personne”.

Dans la matinée, Boris Johnson s’était efforcé de convaincre les membres de la Chambre de communes, qui ont déjà rejeté à trois reprises un accord sur le Brexit, de donner cette fois-ci leur feu vert à son nouvel accord.

“Le moment est venu pour cette grande Chambre des communes de se réunir et de rassembler le pays aujourd’hui”, avait-il déclaré. “Je suis convaincu qu’une très grande majorité dans cette Chambre, quels que soient les points de vue individuels, souhaite que le Brexit ait lieu conformément au résultat du référendum.”

“Et il ne peut pas y avoir d’arguments en faveur du report”, avait-il ajouté, estimant qu’une renégociation avec Bruxelles n’était pas envisageable au vu du “meilleur accord possible” obtenu. Tout nouveau report serait “inutile, coûteux et profondément destructeur pour la confiance du public”.

Sans surprise, le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, n’avait lui pas mâché ses mots contre l’accord, estimant qu’il était “encore pire que celui que cette Chambre a rejeté à trois reprises” sous le gouvernement de Theresa May.

Marine Pennetier et Henri-Pierre André pour le service français

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