Pour Ingrid Betancourt, la pression française a joué un rôle
PARIS (Reuters) - Ingrid Betancourt a déclaré vendredi que l'opération de l'armée colombienne qui a permis sa libération aurait été d'une nature plus violente sans les pressions exercées par la France.
"Ma libération est évidemment le fait d'une opération militaire colombienne", a déclaré l'ex-otage des Farc lors d'une conférence de presse à l'hôtel Marigny, une dépendance du Palais de l'Elysée à Paris.
"Mais si la France n'avait pas fait ce qu'elle a fait, si les Français ne s'étaient pas mobilisés, si le gouvernement français n'avait pas pris sur lui de défendre les otages colombiens, je pense que nous aurions assisté à un autre type d'opération", a-t-elle ajouté.
Elle a rappelé qu'au début de sa captivité, une tentative de l'armée colombienne de libérer des otages des Farc par la force s'était soldée par un échec total et la mort des otages.
Le président colombien Alvaro Uribe, "qui voulait faire une opération militaire, qui voulait ne pas avoir à négocier avec les Farc, a été sous la pression de tous les Français et du gouvernement français" contre un coup de force, a ajouté Ingrid Betancourt. "Cela a forcé le gouvernement colombien à trouver d'autres moyens."
Des soldats colombiens en civil ont réussi à libérer Ingrid Betancourt et 14 autres otages par la ruse, sans coup de feu.
"Ce que j'ai vécu, ce dont je peux témoigner, c'est d'une opération militaire dans laquelle les personnes qui ont participé ont couru des risques immenses", a dit l'ex-otage franco-colombienne.
Pour autant, elle a récusé l'idée d'une mise en scène ou du versement d'une rançon. Le commandant Enrique, son geôlier, fait prisonnier pendant l'opération, n'avait pas le "rictus" de quelqu'un qui a touché une rançon mais de quelqu'un qui "avait honte" et peur, a-t-elle ainsi raconté.
Elle a également rappelé que ses relations avec le président Alvaro Uribe n'avaient jamais été faciles et que ses relations avec les militaires colombiens étaient "très dures". Suite...

