Une Femen ukrainienne obtient l'asile politique en France

lundi 8 juillet 2013 17h20
 

PARIS (Reuters) - La France a accordé l'asile politique à une Ukrainienne membre du mouvement Femen qui s'estime menacée dans son pays après avoir en 2012 abattu à la tronçonneuse une croix orthodoxe à Kiev pour protester contre le procès du groupe russe Pussy Riot.

Inna Shevchenko avait demandé l'asile en France en février dernier et sa requête, qui a été acceptée le 9 avril après plusieurs entretiens sur les menaces dont elle fait l'objet, vient de recevoir les documents, a-t-elle déclaré lundi.

C'est la première "Femen", un groupe de femmes qui s'est fait connaître en manifestant seins nus, à obtenir ce statut dans le monde, à l'issue d'une procédure menée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

"La raison en est que j'ai abattu à la hache une croix chrétienne à Kiev en soutien des activistes russes Pussy Riot", a-t-elle déclaré à Reuters, précisant que les Femen comptaient ouvrir "des écoles révolutionnaires pour les femmes" en France.

"Le principal quartier général des Femen est maintenant en France, avec son accord", a-t-elle ajouté.

En février 2012, trois musiciennes du groupe Pussy Riot étaient montées sur l'autel de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou pour une "prière punk" invitant la Vierge Marie à "chasser" Vladimir Poutine du pouvoir.

Deux des jeunes femmes ont été condamnées pour "vandalisme motivé par la haine religieuse".

Né en Ukraine en 2008, le mouvement Femen a multiplié ces derniers mois les actions en France, notamment pour défendre le droit au mariage homosexuel lors de manifestations d'opposants.

Trois militantes du groupe Femen condamnées en appel à quatre mois et un jour de prison avec sursis en Tunisie pour avoir manifesté seins nus sont arrivées fin juin à Paris au lendemain de leur libération.

Elles avaient été condamnées en première instance à quatre mois et un jour de prison ferme pour indécence après avoir manifesté seins nus le 29 mai dernier pour réclamer la remise en liberté d'une militante Femen tunisienne, Amina Tyler.

Paule Mével, édité par Yves Clarisse

 
La France a accordé l'asile politique à Inna Shevchenko, une Ukrainienne membre du mouvement Femen, qui s'estime menacée dans son pays après avoir en 2012 abattu à la tronçonneuse une croix orthodoxe à Kiev pour protester contre le procès du groupe russe Pussy Riot. /Photo prise le 8 juillet 2013/REUTERS/Charles Platiau