La France pousse le Mali à un accord avec les Touaregs

dimanche 19 mai 2013 17h04
 

par David Lewis

BAMAKO (Reuters) - Adulée au Mali depuis qu'elle a chassé militairement les djihadistes du nord du pays, la France commence à voir son étoile pâlir en raison de son insistance à voir Bamako conclure un accord politique avec les rebelles touaregs.

La frustration est montée d'un cran cette semaine, le gouvernement malien n'ayant pas réussi, comme il se l'était promis, à rassoir son autorité sur Kidal, ville de l'extrême-nord du pays contrôlée depuis l'opération "Serval" par les séparatistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

L'armée malienne a fait mouvement en direction de Kidal mais la France, dont un contingent stationne à l'entrée de la ville, s'est opposée à ce qu'elle y pénètre de force de peur que cela ne déclenche des affrontements interethniques.

"Paris bloque l'armée aux portes de Kidal", écrivait cette semaine l'hebdomadaire malien Le Matin.

Beaucoup de ministres et d'habitants de Bamako tiennent le MNLA pour responsable des catastrophes qui se sont abattues sur leur pays, du coup d'Etat militaire à la chute du nord du pays aux mains des islamistes. Les plus nationalistes ne cachent pas leur souhait de voir l'armée désarmer les Touaregs.

Les séparatistes ont de fait été à l'origine de l'offensive victorieuse des rebelles début 2012, avant d'être marginalisés par leurs anciens partenaires islamistes, puis de se retourner contre eux pendant la contre-offensive lancée par la France et ses alliés africains.

Beaucoup de Maliens du sud du pays ne comprennent pas pourquoi Paris ne réserve pas au MNLA le même traitement qu'aux djihadistes liés à Al-Qaïda.

Mais la France soutient au contraire des négociations secrètes qui se déroulent au Burkina Faso afin de permettre la tenue d'une élection présidentielle au Mali cet été, tout en encourageant Bamako à répondre à l'aspiration à l'autonomie des Touaregs.   Suite...

 
Le président par intérim du Mali Dioncounda Traoré, reçu vendredi par François Hollande à l'Elysée. Adulée au Mali depuis qu'elle a chassé militairement les djihadistes du nord du pays, la France commence à voir son étoile pâlir en raison de son insistance à voir Bamako conclure un accord politique avec les rebelles touaregs./Photo prise le 17 mai 2013/REUTERS/Gonzalo Fuentes