Les collectivités locales lorgnent sur le répit budgétaire

mardi 7 mai 2013 11h05
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les deux ans de grâce accordés par Bruxelles à la France pour réduire ses déficits publics à 3% du PIB risquent paradoxalement de compliquer la tâche du pouvoir en offrant un argument aux collectivités locales soucieuses d'atténuer ce choc budgétaire.

Dans le programme de stabilité pluriannuel transmis à la Commission européenne, le gouvernement français prévoit de réduire de 1,5 milliard d'euros en 2014 la dotation de l'Etat aux communes, départements et régions, puis de nouveau en 2015.

Au total, calcule le président UMP de l'Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard, cela fait 4,5 milliards d'euros de ressources cumulées en moins sur deux ans.

Cela représente près de 10% de la dotation de l'Etat aux collectivités locales, dont la plus grosse part va aux communes, suivies par les régions, souligne cet élu.

"C'est extrêmement lourd. On a des charges qui progressent de 1,8 ou 2% et des charges nouvelles " poursuit-il. "Face à ça on a une baisse des dotations. Cet effet ciseau est ingérable."

"Donc je vais proposer au bureau de l'AMF de demander un étalement de cette amputation dans le temps, que ce soit moins brutal, qu'il y ait une prise en compte de ce délai nouveau de deux ans donné par la Commission européenne", ajoute-t-il.

Le socialiste André Laignel, premier vice-président de l'AMF et président du Comité des finances locales (CFL) ne croit guère à un recul du gouvernement sur la dotation. Mais il se montre au moins aussi soucieux que Jacques Pélissard.

"J'ai dit depuis le début au Premier ministre et au gouvernement que ce serait une erreur de mettre en panne l'investissement des collectivités territoriales", fait-il valoir. "Les collectivités territoriales, c'est 73% de l'investissement public civil en France."   Suite...

 
Les deux ans de grâce accordés par Bruxelles à la France pour réduire ses déficits publics à 3% du PIB risquent paradoxalement de compliquer la tâche du pouvoir en offrant un argument aux collectivités locales soucieuses d'atténuer ce choc budgétaire. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic