Les victimes de l'amiante manifestent devant le tribunal à Paris

jeudi 28 février 2013 15h34
 

PARIS (Reuters) - Une centaine de proches et de victimes de l'amiante ont manifesté jeudi devant le palais de justice de Paris pour dire leur crainte qu'un procès pénal de ce scandale sanitaire qui a fait des milliers de morts en France ne voit jamais le jour.

"Amiante, santé ruinée", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des ex-salariés en tenue de travail, tandis que des familles venues de toute la France brandissaient les portraits de salariés décédés.

L'avocat général devait réclamer au même moment devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel l'annulation de la mise en examen de huit personnes mises en cause, dont celle de l'ancienne dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry.

S'il était suivi, les associations et leurs avocats n'auraient d'autre recours que de se pourvoir en cassation, ce qui retarderait le dossier, englué depuis de longues années au pôle de santé publique à Paris.

En outre, la juge d'instruction qui a prononcé les mises en examen, Marie-Odile Bertella-Geffroy, est sous la menace d'une mutation, qui, si elle était entérinée, retarderait l'instruction.

"Ça fait plus de seize ans depuis les premières plaintes. S'il n'y a pas de procès dans les deux ou trois ans, il n'y aura plus rien à juger", a dit Michel Ledoux, avocat de l'association Andeva, pour qui l'audience de jeudi devait être décisive.

"On craint que le procès ne soit jamais ouvert", a déclaré pour sa part Georges Arnaudeau, de l'association "Allo amiante" de Bordeaux.

"DES ARGUMENTS STUPÉFIANTS"

La chambre de l'instruction devait mettre sa décision sur les demandes d'annulation des mises en examen en délibéré, ce qui devrait prendre plusieurs semaines.   Suite...