28 février 2013 / 14:24 / il y a 4 ans

L'"écotaxe" poids lourds reportée à octobre

Le ministre délégué chargé des Transports Frédéric Cuvillier a annoncé que la mise en place en France d'une "écotaxe" poids lourds prévue en juillet n'interviendrait pas avant le 1er octobre en raison de problèmes de sécurisation du dispositif de collecte. Cette taxe doit rapporter au total 1,2 milliard d'euros par an, dont 780 millions revenant directement à l'Etat. /Photo d'archives/Pascal Rossignol

PARIS (Reuters) - La mise en place en France d'une "écotaxe" poids lourds prévue en juillet n'interviendra pas avant le 1er octobre en raison de problèmes de sécurisation du dispositif de collecte, a annoncé le ministre délégué chargé des Transports, Frédéric Cuvillier.

"Des anomalies ont été constatées, rendant impossible pour l'Etat d'entamer la phase de vérification du système d'information dans de bonnes conditions", dit-il dans une interview publiée jeudi par Les Echos. "Un certain nombre de travaux complémentaires doivent être menés et la fiabilité du dispositif doit être sécurisée", ajoute-t-il.

En conséquence, l'objectif est dorénavant "une mise en oeuvre au 1er octobre au niveau national" et le gouvernement a renoncé à une expérimentation préalable en Alsace, initialement prévue en avril, pour la remplacer par une phase d'essai nationale du dispositif à compter de juillet.

Celle-ci se fera "sur la base du volontariat et sans perception de la taxe", dit le ministre.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) se félicite de cette décision, estimant que la date du 20 juillet prévue pour la mise en œuvre de la taxe "était coupée des réalités des entreprises de transport routier".

"La phase d'expérimentation est indispensable pour anticiper les éventuels dysfonctionnements liés au déploiement du système", a déclaré Jean-Christophe Pic, président de la FNTR.

"DEUX MILLIARDS PERDUS"

L'écotaxe poids lourds doit rapporter au total 1,2 milliard d'euros par an, dont 780 millions revenant directement à l'Etat.

Elle doit servir à financer les infrastructures de transport, et, à terme inciter les utilisateurs à aller vers des modes de transport plus durables, souligne le ministère du Développement durable.

Le système français sera compatible avec ceux de ses voisins européens, plusieurs pays, comme l'Autriche et en Allemagne, ayant mis en place des taxes semblables, souligne le ministère.

Le réseau France Nature Environnement (FNE) a de son côté critiqué un nouveau retard dans la mise en place de ce dispositif initialement prévu pour 2011.

"Ce nouvel ajournement (...) constitue donc un manque à gagner de plus de deux milliards dans les caisses de l'Etat alors que les finances publiques sont au plus mal", dit dans un communiqué FNE, qui rassemble 3.000 associations environnementales.

"Nous demandons donc au gouvernement de faire preuve de cohérence et de fermeté et de renoncer à ce nouveau report", ajoute le réseau, soulignant l'importance de cette écotaxe dans le cadre de la transition énergétique engagée par le gouvernement.

François Hollande s'est engagé à bouleversé le mix énergétique en réduisant de 50 à 75% la part du nucléaire dans la production d'électricité mais aussi à réduire drastiquement les émissions de CO2 et à alléger la dépendance de la France aux hydrocarbures.

Yann Le Guernigou et Marion Douet, édité par Gilles Trequesser

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