Martine Aubry se dit sereine sur l'issue de la procédure amiante

mercredi 27 février 2013 15h09
 

PARIS (Reuters) - L'ancienne ministre et ex-première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry s'est déclarée "sereine" mercredi sur l'issue de sa mise en examen dans l'enquête sur les ravages de l'amiante.

La Cour d'appel de Paris doit examiner jeudi la validité de la mise en examen de la maire de Lille pour "homicides et blessures involontaires", dont le parquet de Paris a demandé l'annulation.

"J'ai été très bouleversée par cette décision et cette convocation mais depuis que j'ai rencontré le juge, je savais qu'aucune faute n'avait été commise et j'en ai maintenant la conviction, rien au dossier ne peut m'être reproché", a déclaré Martine Aubry dans la cour de Matignon, avant un déjeuner avec le Premier ministre.

"C'est très douloureux de penser que les Français aient pu penser qu'il y a 20 ans, j'aurais failli à mon travail, moi qui m'étais engagée justement pour l'amélioration de la qualité de vie au travail", a-t-elle ajouté. "Je suis totalement sereine là-dessus, je fais confiance à la justice".

La juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy a reproché à Martine Aubry des faits remontant à la période 1984-1987, quand elle était directrice des relations du travail au ministère du Travail, un poste de haut fonctionnaire.

Il lui est imputé de n'avoir pas renoncé à participer à un organisme spécialisé, le "comité permanent amiante", et de ne pas s'être opposée à certaines initiatives sur cette fibre incombustible utilisée pendant des décennies dans le bâtiment et tous les secteurs de l'industrie, dont les dangers étaient connus.

Martine Aubry a déclaré penser avant tout "aux victimes de l'amiante".

"Il y a mon cas personnel, il est douloureux, mais ce n'est rien à côté de ceux qui souffrent aujourd'hui et qui ont besoin de comprendre et de savoir pourquoi, pas seulement la France, le monde entier s'est trompé sur l'amiante", a-t-elle dit.

La procédure pénale visant les dangers de l'amiante est ouverte depuis les années 1990 en France mais bute sur les lenteurs du système et des obstacles juridiques pour caractériser des fautes pénales.

On estime à 3.000 le nombre de décès annuels dus aux cancers et mésothéliomes liés à l'amiante en France et le nombre de victimes d'ici 2025 pourrait s'élever à 100.000, selon les études sur la question.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

 
Martine Aubry, ancienne ministre et ex-première secrétaire du Parti socialiste, s'est déclarée "sereine" mercredi sur l'issue de sa mise en examen dans l'enquête sur les ravages de l'amiante, jugeant que rien ne pouvait lui être reproché dans ce dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau