Un encart imposé au livre de Marcela Iacub sur Strauss-Kahn

mardi 26 février 2013 22h01
 

PARIS (Reuters) - La justice a enjoint mardi soir à l'éditeur du livre "Belle et bête", dans lequel une ancienne maîtresse évoque en termes crus sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn, d'y insérer un encart faisant état de sa condamnation pour atteinte à l'intimité de la vie privée.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a également ordonné au Nouvel Observateur, qui avait publié jeudi des bonnes feuilles de cet ouvrage, de diffuser sur sa prochaine "une" la mention de cette condamnation.

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), qui dénonçait une machination à des fins mercantiles, "est très satisfait de cette décision", a déclaré sur BFM TV l'un de ses avocats, Me Henri Leclerc.

Ses conseils, qui avaient assigné lundi l'éditeur et l'auteur du livre ainsi que l'hebdomadaire, se sont également réjouis de cette décision de justice, qui va différer la publication de "Belle et bête".

"On n'a pas le droit, quel que soit l'homme, d'entrer dans l'intimité des gens", a déclaré Me Henri Leclerc sur BFM TV.

"On ne peut pas aller toujours plus loin dans le trash (...) Aujourd'hui, la justice vient dire qu'il fait retrouver nos repères, qu'il faut retrouver nos valeurs", a de son côté réagi sur i>TELE Me Richard Malka.

L'auteur du livre, Marcela Iacub, juriste et chercheuse d'origine argentine, ainsi que l'éditeur Stock, ont été condamnés à payer 50.000 euros de dommages et intérêts à l'ancien ministre des Finances. Le Nouvel Observateur a été condamné à lui verser 25.000 euros de dommages et intérêts.

Dominique Strauss-Kahn s'était rendu en personne mardi au tribunal pour dénoncer, devant la juge des référés, "le caractère méprisable de ce texte". À la sortie de l'audience, il s'était dit "complètement dégoûté".

"Où est la morale là-dedans?", avait-il lancé, affirmant que la sortie du livre, sa couverture avaient été délibérément cachées. "Tout cela pour faire de l'argent, sans aucun souci de la dévastation que ça pouvait faire de ma vie personnelle, de ma vie familiale ou de celle de mes enfants".   Suite...

 
Dominique Strauss-Kahn mardi à sa sortie du tribunal de grande instance de Paris, où il a dénoncé "le caractère méprisable" du livre "Belle et bête" de Marcela Iacub. Le juge des référés a enjoint à l'éditeur de cet ouvrage, dans lequel l'essayiste évoque en termes crus sa liaison avec l'ancien directeur général du FMI, d'y insérer un encart faisant état de sa condamnation pour atteinte à l'intimité de la vie privée. Le Nouvel Observateur, qui avait publié jeudi des bonnes feuilles de cet ouvrage, s'est également vu ordonner de publier sur sa prochaine "une" la mention de cette condamnation. /Photo prise le 26 février 2013/REUTERS/Christian Hartmann