Fillon prend date sans détour pour la présidentielle de 2017

mardi 26 février 2013 21h08
 

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - François Fillon a ouvert mardi la compétition à droite pour l'élection présidentielle de 2017 en se lançant le "défi" de la reconquête sur les fondements lézardés de l'UMP.

Offensif contre la politique du gouvernement socialiste, caustique contre "la petite France de M. Hollande avec ses petites blagues", ne reculant pas devant des boutades peu conformes à son registre, l'ancien Premier ministre a livré un discours de campagne électorale à la Mutualité, à Paris.

La Mutualité. Là même où Nicolas Sarkozy avait annoncé son retrait de la vie politique au soir de sa défaite, le 6 mai 2012. Surtout ne voir dans cette coïncidence aucun symbole, comme celui d'un envol sur les cendres d'un testament politique, affirmaient des proches de François Fillon.

Pourtant, le député de Paris a poursuivi devant ses partisans -800 à 1.000 mardi soir-, son émancipation à l'égard de Nicolas Sarkozy, auquel il a rendu hommage, et pris date pour les primaires de l'opposition en 2016.

"Nos lauriers sont à terre. Il n'y a plus ni préséance, ni hiérarchie", a-t-il lancé. "Il faut nous réinventer, nous désaccoutumer du passé pour repartir sur de nouvelles bases".

S'appliquant le "droit d'inventaire" qui hérisse les fidèles de Nicolas Sarkozy mais rencontre un écho favorable auprès de la jeune garde de l'UMP, François Fillon a dit regarder "lucidement le passé", "ce qui a marché et ce qui n'a pas marché".

"Ne cherchons pas d'excuses, ne cherchons pas de sauveur", a-t-il insisté dans un message clair à ceux qui, à l'UMP, entretiennent la flamme sarkozyste et le scénario du "recours". "Personne ne peut prétendre devenir l'homme de la Nation, ça ne se décrète pas".

"Nous devons tous faire nos preuves, et moi le premier", a souligné l'ancien Premier ministre, qui rompt un long silence consécutif à la guerre qui l'a opposé l'automne dernier à Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP.   Suite...

 
François Fillon a ouvert mardi lors d'un meeting à La Mutualité, à Paris, la compétition à droite pour l'élection présidentielle de 2017 en se lançant le "défi" de la reconquête sur les fondements lézardés de l'UMP. /Photo prise le 26 février 2013/REUTERS/Philippe Wojazer