L'Assemblée vote la réforme des scrutins locaux

mardi 26 février 2013 17h25
 

PARIS (Reuters) - Les députés français ont adopté mardi par 272 voix contre 241 le projet de loi controversé qui modifie les modes des scrutins locaux et le calendrier électoral, malgré les critiques de l'opposition qui crie au "tripatouillage électoral".

Ce texte avait été rejeté le 18 janvier par le Sénat, les élus Front de gauche, écologistes et radicaux de gauche s'étant abstenus. Les sénateurs avaient notamment rejeté l'article clé du projet de loi qui introduit, pour les prochaines cantonales, un mode de scrutin binominal dans lequel les candidatures prendront la forme d'un "ticket paritaire" homme-femme.

A l'Assemblée, seul le groupe socialiste, qui détient à lui seul la majorité absolue, a voté pour ce projet de loi qui, en raison du ticket paritaire, fera passer le nombre de cantons d'environ 4.000 actuellement à environ 2.000.

Le groupe des radicaux de gauche et celui des écologistes se sont abstenus tandis que le groupe Front de gauche a voté contre, mêlant ainsi ses voix à l'opposition UMP et centriste.

Le Sénat, où la majorité de gauche est étroite, examinera à nouveau ce projet de loi à partir du 13 mars. Un nouveau rejet n'est pas exclu. Il sera de retour dès le 25 mars à l'Assemblée qui, constitutionnellement, a le dernier mot.

"Personne n'est dupe de vos manoeuvres électoralistes. Je vous décerne le César du plus grand tripatouilleur électoral de la Ve République", a déclaré le centriste François Sauvadet en s'adressant au ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

L'UMP Guillaume Larrivé et le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche, ont accusé les socialistes de désavantager les départements ruraux dans l'opération.

"C'est un tournant pour la démocratie locale", a répliqué Manuel Valls qui, outre la parité, estime que le texte améliorera l'équilibre entre les zones rurales et urbaines, la carte des cantons datant de 1801.

Le projet de loi prévoit également le report de 2014 à 2015 des élections cantonales, désormais appelées départementales, et des élections régionales du fait d'un encombrement du calendrier avec les municipales et les européennes du printemps 2014 et les élections sénatoriales de septembre 2014.

Le texte prévoit aussi d'abroger la création, prévue par la précédente majorité de droite, des conseillers territoriaux et d'abaisser de 12,5% à 10% des inscrits le résultat nécessaire afin de pouvoir se maintenir au second tour des élections départementales.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

 
Les députés français ont adopté mardi par 272 voix contre 241 le projet de loi controversé qui modifie les modes des scrutins locaux et le calendrier électoral, malgré les critiques de l'opposition qui crie au "tripatouillage électoral". /Photo d'archives/REUTERS/Luke MacGregor