24 février 2013 / 20:29 / il y a 5 ans

Large victoire de Nicos Anastasiades à la présidentielle à Chypre

Le conservateur Nicos Anastasiades a remporté une large victoire, dimanche, au second tour de l'élection présidentielle à Chypre, s'engageant à trouver rapidement un accord de sauvetage financier avec les partenaires européens de l'île. Selon les résultats définitifs, il a obtenu 57,5% des voix, devançant de 15 points son rival Stavros Malas. /Photo prise le 24 février 2013/REUTERS/Yorgos Karahalis

par Michele Kambas et Deepa Babington

NICOSIE (Reuters) - Le conservateur Nicos Anastasiades a remporté une large victoire, dimanche, au second tour de l‘élection présidentielle à Chypre, s‘engageant à trouver rapidement un accord de sauvetage financier avec les partenaires européens de l‘île.

Selon les résultats définitifs, il a obtenu 57,5% des voix, devançant de 15 points son rival Stavros Malas. Ce dernier, qui est soutenu par les communistes d‘AKELK et est partisan d‘un renflouement financier, a fait toutefois campagne sur une plateforme hostile à l‘austérité économique.

Les partisans en liesse du vainqueur ont envahi en début de soirée les rues de Nicosie, la capitale, en brandissant des drapeaux chypriotes et grecs, en actionnant les klaxons et en allumant des feux d‘artifice.

Il reviendra au prochain chef de l‘Etat, qui est âgé de 66 ans, de boucler un accord de renflouement avec les partenaires européens de Chypre et le FMI pour éviter qu‘un nouvel Etat membre de la zone euro bascule dans la crise financière.

“Nous voulons que l‘Europe soit à nos côtés. Nous serons tout à fait cohérents et nous honorerons nos promesses. Chypre appartient à l‘Europe”, a déclaré Nicos Anastasiades devant ses supporters enthousiastes réunis dans un stade fermé.

“Nous restaurerons la crédibilité de Chypre en Europe et dans le monde. J‘en fais la promesse devant vous”, a-t-il ajouté.

Les discussions entre Chypre et les Vingt-Sept traînent en longueur depuis huit mois, de nombreux pays de la zone euro doutant de la capacité de Nicosie de rembourser un prêt pratiquement égal à sa production nationale.

Le vainqueur a précisé qu‘il entendait conclure un accord de renflouement “le plus rapidement possible”, ajoutant qu‘il s‘agissait aussi de protéger les groupes sociaux vulnérables et de défendre la cohésion et la paix sociales.

A Bruxelles, le président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso, a fait savoir qu‘il s‘était entretenu avec Nicos Anastasiades après sa victoire et l‘avait assuré de la volonté des Vingt-Sept d‘aider Chypre à surmonter ses problèmes.

VOLONTÉ DE COOPÉRATION

“Nous avons besoin d‘un gouvernement de poids qui puisse négocier avec ses partenaires de l‘UE, qui puisse être coopératif, qui puisse être entendu et qui fasse ce qu‘il a promis de faire”, a réagi Christopher Pissarides, lauréat chypriote du prix Nobel de l‘économie 2010.

“C‘est tout ce que nous n‘avons pas fait jusqu‘ici. La chose la plus importante est de manifester notre volonté de coopérer (avec les Vingt-Sept)”, a-t-il souligné.

Dimanche dernier, Nicos Anastasiades avait flirté avec la victoire dès le premier tour. Au final, il a remporté 45,4% des voix et s‘est retrouvé en ballottage favorable face à Stavros Malas (26,9%).

Entre les deux tours, l‘indépendant George Lillikas, arrivé en troisième position avec 25% des suffrages, hostile à un plan de sauvetage international, a refusé de donner une consigne de vote, favorisant de fait l‘élection de Nicos Anastasiades.

Le vainqueur prend les rênes d‘un pays en proie à la plus grave crise économique de ces 40 dernières années, avec un chômage à 15% de la population active et un produit intérieur brut (PIB) qui devrait se contracter d‘au moins 3,5% cette année.

Les réductions de salaires et les hausses d‘impôts et de taxes d‘ores et déjà décidées en préparation du plan de soutien à venir ont fait passer au second plan la question de la division de l‘île -entre le sud hellénophone et le nord turcophone- qui domine traditionnellement les affrontements politiques depuis 1974.

On estime que Nicosie devrait avoir besoin d‘une aide de 17 milliards d‘euros, l‘équivalent de son PIB. Mais les discussions traînent en longueur depuis huit mois.

“Nous devons mettre un terme à l‘incertitude et redonner à Chypre sa crédibilité perdue et son prestige en Europe”, a déclaré Nicos Anastasiades en fin de campagne.

Stavros Malas est pénalisé par le soutien des communistes, actuellement au pouvoir, accusés par une partie de l‘opinion d‘avoir mal géré la crise économique. Mais en promettant de négocier dans l‘intérêt de la population et d‘atténuer les contreparties de tout plan de sauvetage, il a touché une corde sensible.

Avec Stelios Orphanides; Henri-Pierre André, Pascal Liétout, Hélène Duvigneau et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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