Le syndrome "Raymond Barre" menacerait François Fillon

samedi 23 février 2013 20h34
 

PARIS (Reuters) - François Fillon commet "une erreur tactique majeure" en entretenant le doute sur son éventuelle candidature à la présidence de l'UMP et doit prendre les rênes du premier parti d'opposition s'il veut espérer s'imposer comme le candidat de la droite en 2017, estime le politologue Thomas Guénolé.

Lors du conflit de l'automne pour la présidence de l'UMP, l'ancien Premier ministre "a montré, en créant son propre groupe parlementaire, une combativité qu'on ne lui connaissait pas: il sortait donc initialement vainqueur", explique-t-il à Reuters.

"Pour autant, il a perdu sa position de vainqueur en cédant sur le fait que Jean-François Copé soit président de l'UMP par intérim d'ici la prochaine élection. Surtout, en laissant entendre qu'il pourrait ne pas concourir à la prochaine élection du président de l'UMP, il a donné à l'électorat de droite un sentiment de type 'tout ça pour ça?': c'est une erreur tactique majeure qui ressuscite son image d'homme peu combatif."

"Dans ce contexte, s'il ne veut pas que la flamme filloniste s'éteigne ou se restreigne aux parlementaires et élus locaux qui le soutiennent, François Fillon doit cesser de n'être combatif que quand il joue défensif", dit-il.

"Il doit affirmer son ambition d'être dès maintenant le chef de la droite, donc être au plus vite candidat à la prochaine élection du président de l'UMP et sonner le rappel des troupes pour répondre au besoin culturel et traditionnel qu'ont les militants de l'UMP d'avoir un meneur charismatique".

Pour Thomas Guénolé, "s'il ne le fait pas, il sera l'équivalent pour l'UMP de feu Raymond Barre: un homme moralement et intellectuellement estimé, mais qui ne suscite pas l'envie de le suivre".

L'INCONNUE DE LA PRIMAIRE

"C'est à gauche, pas à droite, que prétendre ne pas avoir l'ambition d'être le chef est bien vu par l'électorat", souligne-t-il.

François Fillon copréside avec Jean-François Copé les deux principes commissions de l'UMP -révision des statuts et investitures.   Suite...

 
François Fillon commet "une erreur tactique majeure" en entretenant le doute sur son éventuelle candidature à la présidence de l'UMP et doit prendre les rênes du premier parti d'opposition s'il veut espérer s'imposer comme le candidat de la droite en 2017, estime le politologue Thomas Guénolé. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau