February 20, 2013 / 4:43 PM / 4 years ago

Hollande et Ayrault rassurent avant le verdict de l'UE

5 MINUTES DE LECTURE

Lors d'un séminaire gouvernemental organisé mercredi à l'Elysée sur les investissements d'avenir. A deux jours du verdict de la Commission européenne sur l'économie française en 2013, Jean-Marc Ayrault s'est employé mercredi à rassurer sa majorité inquiète à l'idée d'un nouveau tour de vis éventuel en déclarant que le soutien à la croissance devait continuer d'aller de pair avec la lutte contre les déficits. /Photo prise le 20 février 2013/Eric Feferberg/Pool

PARIS (Reuters) - A deux jours du verdict de la Commission européenne sur l'économie française en 2013, l'exécutif s'est employé mercredi à rassurer sa majorité inquiète à l'idée d'un nouveau tour de vis éventuel en déclarant que le soutien à la croissance devait continuer d'aller de pair avec la lutte contre les déficits.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé pour cela le lancement d'un nouveau plan de près de 20 milliards d'euros d'argent public et privé visant à déployer le très haut débit numérique sur l'ensemble du territoire français à un horizon de dix ans.

En déplacement à Clermont-Ferrand, François Hollande a repoussé pour sa part toute idée d'austérité.

"Il s'agit de redresser les comptes publics et en même temps de donner à la croissance toute sa place par l'amélioration de la compétitivité des entreprises", a dit le président dans un discours. "Il ne s'agit pas d'ajouter des mesures aux mesures parce que nous ne voulons pas tomber dans l'austérité".

Jean-Marc Ayrault s'est exprimé pour sa part à l'issue d'un déjeuner de travail qui a réuni l'ensemble des ministres à l'hôtel Matignon dans la foulée d'un séminaire organisé à l'Elysée sur les investissements d'avenir.

"Nous devons réduire nos déficits et soutenir la croissance, l'un ne peut aller sans l'autre", a-t-il dit à la presse.

Sur le premier point, Jean-Marc Ayrault a réaffirmé que, même avec une croissance 2013 revue à la baisse, le gouvernement maintenait le cap d'un retour à l'équilibre des finances publiques à l'horizon de la fin du quinquennat.

Quant à la révision de la prévision de croissance, qui sera lourde de conséquences pour le respect des objectifs de déficits pour 2013, elle se fera "de façon ordonnée, sans précipitation, sans à-coups et dans le calendrier prévu", via le programme de stabilité présenté en avril.

Ce programme fera l'objet de négociations qui s'annoncent délicates avec la Commission européenne, alors que celle-ci devrait annoncer vendredi des prévisions de croissance moindre et de déficits accrus pour l'économie française en 2013.

Le gouvernement français a officiellement reconnu la semaine passée qu'il lui serait impossible, du fait d'une croissance trop faible, de tenir son objectif de réduction des déficits publics à 3% du PIB en 2013.

Le "fétichisme Des 3%"

Des voix se sont déjà élevées, comme celle de Jörg Asmussen, le membre allemand du directoire de la Banque centrale européenne, pour estimer que la France devait à tout prix revenir à 3% cette année.

En France, des ministres comme l'écologiste Cécile Duflot et des responsables de l'aile gauche de la majorité sont montés en première ligne pour déclarer au contraire que la réponse à la crise ne pouvait se résumer à tailler dans les dépenses.

Jean-Marc Ayrault leur a répondu mercredi en soulignant que la responsabilité du gouvernement était "de ne pas dégrader" ce qui reste de croissance en 2013.

Cité dans Le Monde daté de jeudi, le ministre de l'Economie et des Finances a résumé en ces termes l'exercice d'équilibrisme qui attend le gouvernement: "Il s'agit de ne pas nous placer en position de conflit avec la Commission, mais aussi de ne pas être dans une approche austéritaire".

Dans l'entourage de François Hollande, on fait valoir que la France a "déjà rempli son objectif vis-à-vis de Bruxelles" sur le plan de la baisse des déficits structurels, hors effets de la conjoncture, avec des efforts sans précédent équivalant à 1,2 point de PIB en 2012 et 1,9 point attendu en 2013.

"Le coeur de la discussion, c'est de savoir si on peut faire du 'fétichisme' sur les 3% en 2013", a-t-on indiqué, tout en concédant que la France "continuera à faire des efforts dans le respect des règles et des discussions avec nos partenaires."

Sur le volet croissance, Jean-Marc Ayrault a cité le pacte pour la compétitivité et l'emploi et son crédit d'impôt de 20 milliards d'euros en invitant les entreprises à s'en saisir "dès maintenant". "Nous leur donnons des marges de manœuvre pour investir, pour innover, pour embaucher", a-t-il dit.

Il a mis en exergue parallèlement la stratégie d'investissement du gouvernement "pour moderniser durablement" la France, "qui commence maintenant et qui doit continuer jusqu'à 2020". Outre le très haut débit numérique, elle se concentrera sur le logement, la santé et la transition énergétique.

Yann Le Guernigou, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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