Hollande et Ayrault rassurent avant le verdict de l'UE
PARIS (Reuters) - A deux jours du verdict de la Commission européenne sur l'économie française en 2013, l'exécutif s'est employé mercredi à rassurer sa majorité inquiète à l'idée d'un nouveau tour de vis éventuel en déclarant que le soutien à la croissance devait continuer d'aller de pair avec la lutte contre les déficits.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé pour cela le lancement d'un nouveau plan de près de 20 milliards d'euros d'argent public et privé visant à déployer le très haut débit numérique sur l'ensemble du territoire français à un horizon de dix ans.
En déplacement à Clermont-Ferrand, François Hollande a repoussé pour sa part toute idée d'austérité.
"Il s'agit de redresser les comptes publics et en même temps de donner à la croissance toute sa place par l'amélioration de la compétitivité des entreprises", a dit le président dans un discours. "Il ne s'agit pas d'ajouter des mesures aux mesures parce que nous ne voulons pas tomber dans l'austérité".
Jean-Marc Ayrault s'est exprimé pour sa part à l'issue d'un déjeuner de travail qui a réuni l'ensemble des ministres à l'hôtel Matignon dans la foulée d'un séminaire organisé à l'Elysée sur les investissements d'avenir.
"Nous devons réduire nos déficits et soutenir la croissance, l'un ne peut aller sans l'autre", a-t-il dit à la presse.
Sur le premier point, Jean-Marc Ayrault a réaffirmé que, même avec une croissance 2013 revue à la baisse, le gouvernement maintenait le cap d'un retour à l'équilibre des finances publiques à l'horizon de la fin du quinquennat.
Quant à la révision de la prévision de croissance, qui sera lourde de conséquences pour le respect des objectifs de déficits pour 2013, elle se fera "de façon ordonnée, sans précipitation, sans à-coups et dans le calendrier prévu", via le programme de stabilité présenté en avril.
Ce programme fera l'objet de négociations qui s'annoncent délicates avec la Commission européenne, alors que celle-ci devrait annoncer vendredi des prévisions de croissance moindre et de déficits accrus pour l'économie française en 2013. Suite...

