L'imposition des allocations familiales semble écartée

mardi 19 février 2013 16h49
 

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin ont paru écarter mardi l'idée, suggérée par le Premier président de la Cour des comptes, d'une imposition des allocations familiales pour réduire les déficits publics français.

Selon le député socialiste Daniel Vaillant, le Premier ministre l'a laissé entendre lors d'une intervention devant le groupe PS de l'Assemblée nationale.

"La question, c'est de mieux gérer les dépenses publiques mais de le faire de telle manière qu'un certain nombre de politiques comme celle de la famille, qui donne des résultats, ne soient pas remises en cause", a dit le chef du gouvernement, cité par l'ancien ministre de l'Intérieur.

Dans une interview à l'hebdomadaire Paris Match, le ministre du Travail va plus loin encore en estimant que le moment est venu d'une pause dans les hausses d'impôt.

"Le gouvernement a légitimement demandé aux Français, notamment aux plus aisés, un effort pour redresser les finances publiques. Il serait bienvenu de respecter une pause avant de penser à une nouvelle hausse, directe ou indirecte, des impôts", dit Michel Sapin.

Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a été plus nuancé et s'est borné à dire que le gouvernement n'avait "pris aucune décision en la matière pour l'instant".

Le gouvernement admet aujourd'hui qu'il ne sera pas possible cette année de tenir l'objectif d'un déficit public ramené à 3% du PIB de la France, en raison du ralentissement de l'activité économique qui devrait être nettement inférieur au taux de 0,8% retenu pour confectionner le budget 2013.

L'équation est d'autant plus délicate à résoudre pour le budget de l'année prochaine. Face au besoin de financement de l'Etat, le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a suggéré, par exemple, une fiscalisation des allocations familiales.

Emile Picy, Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

 
Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin ont paru écarter mardi l'idée, suggérée par le Premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, d'une imposition des allocations familiales pour réduire les déficits publics français. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau