La promesse d'un gaz de houille "made in France" menacée

mardi 19 février 2013 12h03
 

par Muriel Boselli

FREYMING-MERLEBACH, Moselle (Reuters) - L'exploration en Lorraine du gaz de houille, tant vantée par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg pour relancer la compétitivité française, risque d'être bloquée sans un renouvellement des permis qui arrivent bientôt à expiration.

Au-delà des lenteurs administratives, cette situation est la conséquence des divisions qui règnent au sein du gouvernement sur la place des énergies fossiles, disent des experts.

Dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les plus "verts" parient sur une France moins dépendante du pétrole et du gaz, tandis qu'un courant productiviste bataille pour les énergies compétitives au nom de la croissance et de l'emploi.

Lancer une activité minière consensuelle pourrait également être une stratégie destinée à préparer l'opinion à une exploitation des gaz de schiste en France, où les réserves seraient les deuxièmes d'Europe, estiment des experts.

Le gaz de houille ne fait pas systématiquement appel à la fracturation hydraulique, interdite en France depuis juillet 2011 en raison notamment des risques que cette technique d'extraction fait courir à l'environnement mais aussi des énormes quantités d'eau qu'elle mobilise.

Pour Arnaud Montebourg, le gaz de houille - ou grisou - sera la solution pour éviter les délocalisations.

"Il existe aujourd'hui de manière inexploitée dans les anciennes mines de charbon du gaz qui est du méthane, le fameux grisou, qui était l'ennemi tant redouté des mineurs", déclarait-il lors de ses voeux à la presse en janvier.

"C'est le gaz made in France", ajoutait-il, précisant que la production allait pouvoir débuter d'ici quelques années.   Suite...

 
Exploration d'un site de gaz de houille près de Folschviller (Moselle) par la société britannique European Gas Limited. Selon des experts, l'exploration en Lorraine du gaz de houille, tant vantée par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg pour relancer la compétitivité française, risque d'être bloquée en raison des divisions qui règnent au sein du gouvernement et en l'absence de renouvellement des permis qui arrivent bientôt à expiration. /Photo prise le 4 février 2013/REUTERS/Christian Hartmann