Des dizaines de milliers d'islamistes manifestent à Tunis

samedi 16 février 2013 18h47
 

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Tunis pour soutenir le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, dix jours après l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd.

Samedi dernier, au lendemain des obsèques de Belaïd qui avaient attiré environ 50.000 personnes, une manifestation similaire avait rassemblé seulement 6.000 partisans d'Ennahda dans les rues de la capitale tunisienne.

Cette fois-ci, le ministère de l'Intérieur a déclaré que plus de 100.000 personnes avaient participé à la manifestation de Tunis.

A la suite du meurtre de l'opposant laïque, dans lequel la famille et l'opposition voient la main des islamistes, le Premier ministre Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, a proposé de dissoudre le gouvernement et de nommer une équipe de techniciens apolitiques - un "gouvernement de compétences" - en attendant la tenue d'élections.

Cette idée a été rejetée par le parti islamiste qui se dit totalement innocent du meurtre de Belaïd et entend conserver les rênes du pouvoir.

A l'issue d'une réunion vendredi entre Ennahda et les partis laïques, le Premier ministre a parlé de consultations "positives" qui se poursuivront lundi.

Samedi, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés samedi sur l'avenue Habib Bourguiba, la principale artère de la ville, pour soutenir la légitimité d'Ennahda qui a remporté les élections législatives d'octobre 2011.

"Nous défendons la légitimité", "Nous sommes loyaux envers nos martyrs", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants qui scandaient "Le peuple veut Ennahda de nouveau" et "Le peuple veut l'unité nationale".   Suite...

 
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Tunis pour soutenir le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, dix jours après l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd. /Photo prise le 16 février 2013/REUTERS/Zoubeir Souissi