Ayrault veut rompre avec les errements du passé sur la récidive

vendredi 15 février 2013 14h26
 

BORDEAUX (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a dénoncé vendredi l'aggravation des sanctions pénales ces dernières années pour lutter contre la récidive, une politique à laquelle le gouvernement français entend mettre fin.

Le Premier ministre et la ministre de la Justice Christiane Taubira ont présenté leurs priorités en la matière lors de la séance de rentrée de la promotion 2013 des auditeurs de justice à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux.

Une "conférence de consensus", dont les conclusions seront remises au gouvernement mercredi prochain, a été saisie jeudi par Christiane Taubira pour étudier les connaissances actuelles en matière de récidive et définir une nouvelle approche par rapport à la politique menée par Nicolas Sarkozy.

"Nous ne voulons plus de cette politique. Qui peut croire qu'un séjour en prison suffise à chaque fois à empêcher la récidive ?", a demandé Jean-Marc Ayrault, estimant que "le temps de la détention doit être un temps utile".

"En matière pénale, nous voulons rompre avec les errements du passé et mettre en œuvre une politique alliant fermeté, efficacité, dans la lutte contre la délinquance et le respect des droits des victimes et des personnes poursuivies."

Il a insisté devant les futurs magistrats sur la volonté du gouvernement de préserver l'indépendance de la justice, mises à mal selon lui par le prédécesseur de François Hollande, afin de "rétablir une République exemplaire".

"Cette politique ambitieuse, c'est d'abord l'engagement de garantir l'indépendance de l'autorité judiciaire. Le principe d'indépendance s'impose d'abord aux pouvoirs politiques. Trop longtemps, on s'est contenté de proclamer ce principe lors des rentrées solennelles des juridictions pour les piétiner à la première occasion", a dit Jean-Marc Ayrault.

Il a rappelé que Christiane Taubira s'était "engagée dès son entrée en fonction à ne plus donner d'instructions individuelles".

"Cet engagement n'a souffert et ne souffrira aucune exception. Il sera d'ailleurs bientôt inscrit dans la loi."

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

 
Jean-Marc Ayrault a dénoncé vendredi l'aggravation des sanctions pénales ces dernières années pour lutter contre la récidive, une politique à laquelle le gouvernement français entend mettre fin. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier