February 15, 2013 / 12:17 PM / 4 years ago

A Paris,l'ennemi de Kosciusko-Morizet vient aussi de l'intérieur

5 MINUTES DE LECTURE

Nathalie Kosciusko-Morizet ambitionne de briser l'hégémonie socialiste à Paris, mais elle aura d'abord à vaincre les rivalités au sein de son propre camp pour pouvoir mener la droite à la bataille des municipales de mars 2014. /Photo d'archives/Charles Platiau

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Nathalie Kosciusko-Morizet ambitionne de briser l'hégémonie socialiste à Paris, mais elle aura d'abord à vaincre les rivalités au sein de son propre camp pour pouvoir mener la droite à la bataille des municipales de mars 2014.

L'ex-ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy et porte-parole du président sortant pour la présidentielle de 2012 a officialisé ses intentions vendredi, mettant fin aux spéculations sur les têtes d'affiche potentielles à droite dans la capitale, qui est administrée par la gauche depuis 2001.

La non-candidature de l'ancien Premier ministre François Fillon était un secret de Polichinelle, celle du chef de file centriste Jean-Louis Borloo restait à formaliser. C'est désormais chose faite.

Après une valse-hésitation -dont le récit diverge selon les entourages- qui l'aura vu solliciter la tête de liste pour Paris, sans l'étape des primaires ouvertes, voire former un ticket avec Nathalie Kosciusko-Morizet, son ennemie intime au ministère de l'Ecologie, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) s'est retiré jeudi.

François Fillon, député de Paris, devrait préciser son dessein de concourir exclusivement à la primaire de 2016 pour l'élection présidentielle de 2017 lors d'un meeting le 26 février dans la salle parisienne de la Mutualité.

La voie est donc dégagée, mais la député-maire de Longjumeau (Essonne) doit réduire les résistances au sein de la fédération parisienne de l'UMP, même si elle bénéficie du soutien affiché de 77 élus et délégués parisiens de circonscription, "copéistes" -minoritaires- comme "fillonistes".

"Tourisme électoral"

Le souvenir des empoignades de l'automne dernier pour la présidence de l'UMP reste vif et des élus craignent que le scénario ne soit réédité à Paris où la droite est malade de ses divisions depuis la cassure des années Chirac-Balladur (1995).

Rachida Dati, la maire "copéiste" du VIIe arrondissement qui s'est portée candidate à la primaire municipale, n'entend pas s'effacer une nouvelle fois, comme elle y avait été contrainte au profit de la candidature de François Fillon dans la 2e circonscription de Paris pour les législatives de juin dernier.

Qualifiant l'entreprise de Nathalie Kosciusko-Morizet de "tourisme électoral", l'ancienne ministre de la Justice dénonce d'ores et déjà un "parachutage" au mépris des Parisiens.

Le jeune conseiller "copéiste" Pierre-Yves Bournazel, qui brigue également l'investiture de son parti, s'était élevé quant à lui contre le "putsch" préparé selon lui par "NKM".

La fédération UMP de Paris, dirigée par le "filloniste" Philippe Goujon, a décidé que le dépôt des candidatures pour la primaire serait clos le 28 février et que la consultation se déroulerait par vote électronique entre la mi-avril et la mi-mai. Plusieurs élus parisiens critiquent le calendrier et les modalités et craignent une primaire "bâclée".

Jean-Louis Borloo réserve par ailleurs sa réponse sur une participation, ou non, de l'UDI à la primaire.

"La Dauphine De Personne"

Le député "filloniste" de Paris Bernard Debré a demandé vendredi aux prétendants de ne pas se tromper de combat.

"La victoire est possible, même vraisemblable, si notre famille se rassemble très rapidement autour de cette candidature", dit-il dans un communiqué.

La concurrence, "je ne le vis pas du tout comme un problème", assure Nathalie Kosciusko-Morizet dans Le Parisien.

"Si c'est un parachutage, c'est avec un pass navigo", ironise celle qui avait fixé à "quatre euros et quelque" le prix du ticket de métro en février 2012 au lieu de 1,70 euro. Elle précise qu'elle démissionnera de son mandat de maire de Longjumeau, ville qu'elle administre depuis 2008, dans une dizaine de jours après le vote du budget local.

L'élue de 39 ans, mère de deux enfants, revendique "le choix de la passion" et se place déjà dans la perspective d'un duel avec la favorite socialiste Anne Hidalgo, 53 ans, qu'elle présente comme "l'héritière d'un système". "Je ne suis la dauphine ou la protégée de personne", dit-elle à son endroit.

Candidate depuis septembre 2012, la première adjointe de Bertrand Delanoë, qui avait annoncé dès 2007 qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, met en avant sa passion "authentique et sincère" pour Paris face à des candidats "qui ne viennent pas pour Paris, mais pour des ambitions personnelles".

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n'était pas parvenue à réunir les parrainages nécessaires pour briguer la présidence de l'UMP, ne s'interdit pas de penser à l'Elysée, ce que n'apprécie guère Jean-François Copé, le président du parti d'opposition.

"Il reste des Bastille à prendre, des révolutions à faire", explique, lyrique, l'ancienne ministre, qui espère "bénéficier du soutien" de François Fillon.

Dans une enquête réalisée en janvier par Ifop-Fiducial, elle était créditée de 28% des voix au premier tour contre 38 à 39% à Anne Hidalgo.

Edité par Yves Clarisse

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