Paris met en cause Spanghero dans l'affaire de viande de cheval

jeudi 14 février 2013 21h56
 

PARIS (Reuters) - La société française Spanghero aurait sciemment commercialisé de la viande de cheval sous l'étiquetage "boeuf" et ses dirigeants seront traduits en justice si la tromperie est établie, a affirmé jeudi le gouvernement français.

En dépit de la complexité du circuit de commercialisation et de transit de la viande, au centre d'une enquête internationale, il apparaît après l'enquête sanitaire menée en France que le seul responsable de la tromperie présumée est la société Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude), a souligné Benoît Hamon.

La société roumaine initialement mise en cause après la découverte à la mi-janvier de viande de cheval dans des préparations au boeuf (lasagnes, chili con carne) distribuées dans plusieurs pays européens, serait hors de cause, a ajouté le ministre délégué à la Consommation.

La viande roumaine est passée par l'intermédiaire d'un trader chypriote, puis d'un trader néerlandais avant de parvenir à Spanghero qui l'a redirigée vers une usine luxembourgeoise du sous-traitant français Comigel, fabricant de plats cuisinés pour Findus, Picard et les marques distributeurs de sept enseignes de grande distribution.

Ces enseignes ont retiré les produits suspects de la vente.

"L'enquête démontre que Spanghero savait qu'il étiquetait 'boeuf' potentiellement de la viande chevaline. En tout cas, il y a une suspicion forte", a dit Benoît Hamon.

Il a expliqué que des enquêteurs de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) avaient prélevé chez Spanghero de la viande de cheval dans des pains de viande de 25 kilos étiquetés "boeuf".

SPANGHERO REJETTE LES ACCUSATIONS

La société a de nouveau protesté de sa bonne foi jeudi soir auprès de Reuters, rejetant toute manipulation.   Suite...

 
Le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon a estimé jeudi que la société française Spanghero aurait sciemment commercialisé de la viande de cheval sous l'étiquetage "boeuf" et que ses dirigeants seront traduits en justice si la tromperie est établie. /Photo prise le 14 février 2013/REUTERS/Jacky Naegelen