L'ordre des médecins fait un pas vers l'euthanasie

jeudi 14 février 2013 12h05
 

PARIS (Reuters) - Le Conseil national de l'Ordre des médecins s'est prononcé en faveur d'une évolution de la législation sur la fin de vie en France en envisageant pour la première fois le recours à une sédation terminale dans des "situations exceptionnelles".

Dans un texte adopté le 8 février et rendu public jeudi, l'institution reconnaît que la loi actuelle n'offre aucune solution pour certaines agonies prolongées, ou pour des douleurs psychologiques ou physiques qui restent "incontrôlables".

"Sur des requêtes persistantes, lucides et réitérées de la personne, atteinte d'une affection pour laquelle les soins curatifs sont devenus inopérants et les soins palliatifs instaurés, une décision médicale légitime doit être prise devant des situations cliniques exceptionnelles", peut-on lire dans ce texte intitulé "Fin de vie, assistance à mourir".

Dans ces cas spécifiques, l'institution estime "qu'une sédation adaptée, profonde et terminale du patient doit pouvoir être délivrée par un collège médical, dont il conviendrait de fixer la composition et les modalités de saisine".

Si l'avis collégial relatif à la demande du patient est d'y accéder, le médecin pourrait y donner suite personnellement, s'y associer ou se récuser en invoquant la clause de conscience.

L'institution préconise également de promouvoir la connaissance, l'accompagnement et l'application de la loi Leonetti de 2005, qui "reste pour l'heure trop peu connue de la population, mais aussi des professionnels de santé".

PROJET DE LOI EN JUIN

Cette loi donne le droit au patient de refuser tout traitement qui lui semblerait déraisonnable au regard des bénéfices qu'il peut en tirer.

Elle reconnaît également qu'un médecin peut être conduit à décider d'arrêter des traitements, y compris si cela peut avoir pour effet secondaire d'entraîner la mort du patient.   Suite...

 
Le Conseil national de l'Ordre des médecins s'est prononcé en faveur d'une évolution de la législation sur la fin de vie en France en envisageant pour la première fois le recours à une sédation terminale dans des "situations exceptionnelles". /Photo d'archives/REUTERS/Michaela Rehle