Redressement judiciaire annoncé pour les abattoirs Gad

mercredi 13 février 2013 19h30
 

RENNES (Reuters) - La société bretonne d'abattage de porcs Gad SAS, qui emploie 1.700 salariés et est en difficulté depuis de nombreux mois, va demander prochainement son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Brest.

La direction de l'entreprise explique dans un communiqué être "confrontée à de graves difficultés conjoncturelles et structurelles" et avoir convoqué le Comité Central d'Entreprise pour une réunion le 21 février.

Cette nouvelle procédure touche une nouvelle fois une entreprise de l'ouest de la France, région qui pâtit déjà des difficultés du groupe volailler Doux, lui-même en redressement depuis juin 2012, et de la situation délicate de l'élevage et de l'industrie agro-alimentaire.

La société Gad SAS, qui emploie 850 personnes dans son abattoir de Lampaul-Guimillau (Finistère), 650 à Josselin (Morbihan) et 50 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), aurait subi depuis trois ans des pertes financières qui s'élèveraient à plus de dix millions d'euros.

Ses difficultés sont notamment liées à la baisse de production de porcs en France, due en partie au renchérissement des aliments mais aussi aux normes environnementales européennes, ce qui a entraîné une baisse très importante de l'activité d'abattage.

La société Gad, dont le siège est à Morlaix (Finistère) et dont l'actionnaire majoritaire est le groupe Cecab, subit également la concurrence de ses homologues allemands qui ont recours à une main-d'oeuvre meilleur marché en provenance des pays de l'Est, a indiqué à Reuters un porte-parole de la société qui exporte 30% de sa production.

"C'est toute la filière porcine qui est touchée", a-t-il dit.

En 2012, Gad SAS a réalisé un chiffre d'affaires de 453 millions d'euros pour 2,4 millions de porcs abattus chaque année.

Un administrateur judiciaire devrait être nommé prochainement pour "permettre à Gad SAS d'explorer toutes les pistes afin de trouver la meilleure solution de continuité de l'activité", selon le communiqué de la direction.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse