13 février 2013 / 17:39 / dans 5 ans

La droite veut faire mentir les augures politiques à Paris

L'UMP, malgré ses divisions, se prend à rêver de la mairie de Paris, la ville qui s'est donnée à la gauche en 2001 et paraît vouloir continuer en 2014 avec la socialiste Anne Hidalgo. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - L‘UMP, qui tente de masquer ses errements sous la fibre martiale de la “reconquête”, se prend à rêver de la mairie de Paris, la ville des paradoxes électoraux qui s‘est donnée à la gauche en 2001 et paraît loin de s‘en affranchir.

Malade de ses divisions depuis la cassure des années Balladur-Chirac (1995), la droite croit déceler en Nathalie Kosciusko-Morizet l‘hybride politique à même de séduire un électorat qui s‘embourgeoise tout en s‘ancrant à gauche.

Lors de l‘élection présidentielle du 6 mai 2012, François Hollande l‘a emporté largement dans la capitale, qui n‘avait jamais placé en tête un candidat de gauche.

“Paris n‘est pas ingagnable si on met de l‘ordre dans nos troupes et si on bouscule l‘alliance rose-verte”, résume un élu parisien UMP. “Sarkozy nous trouvait tous nuls, Fillon n‘est pas loin de penser la même chose.”

L‘option de l‘ancien Premier ministre François Fillon écartée - sa non-candidature, un secret de Polichinelle, devrait être officialisée le 26 février -, les appétits se réveillent à l‘UMP, mais aussi chez les centristes de l‘UDI.

Et avec eux “le grand bazar”, pour reprendre les termes d‘un vieil observateur du sérail, fataliste face aux travers si tenaces de la droite parisienne.

Pensant conjurer les divisions, Jean-François Copé, président de l‘UMP après un affrontement fratricide avec François Fillon, a décidé d‘une primaire ouverte pour désigner une tête de liste à même de bouleverser le scénario annoncé d‘une victoire en 2014 de la socialiste Anne Hidalgo, la “dauphine” de Bertrand Delanoë.

Ce dernier, qui achèvera alors son second mandat de maire, avait annoncé dès 2007 qu‘il ne se représenterait pas.

“Mais il serait bon que nous ne nous combattions pas les uns les autres avant de combattre les socialistes”, prévient le député UMP de Paris Bernard Debré.

LE PIÈGE de LA PRIMAIRE

L‘entrée en scène de Nathalie Kosciusko-Morizet - reflet de “la bourgeoise tout à la fois chic et bohême” susceptible, selon des stratèges de l‘UMP, de réconcilier les “beaux quartiers” et les arrondissements populaires, avait paru pacifier la fédération parisienne. Il n‘en est rien.

Le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel, représentant de l‘aile “copéiste” (minoritaire) et candidat déclaré avec une autre “copéiste”, Rachida Dati, a dénoncé un “pustch”, alors que le dépôt des candidatures sera clos le 28 février pour une primaire “ouverte” prévue entre la mi-avril et la mi-mai.

Les Parisiens inscrits sur les listes électorales (environ 1,25 million) et désireux de participer au scrutin électronique devront s‘acquitter de deux euros.

Le “non aligné” Jean-François Legaret, maire du Ier arrondissement qui songe à une possible candidature, se répand en critiques sur l’“opération marketing” de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n‘a toujours pas formalisé ses intentions.

La maire du VIIe arrondissement Rachida Dati, qui avait échoué à contrer le parachutage de François Fillon, refuse de s‘avouer vaincue. “Les Parisiens supportent mal le tourisme électoral”, dit-elle à propos de “NKM” qui, née à Paris, est maire de Longjumeau (Essonne) depuis mars 2008.

“On n‘a pas été capables d‘organiser l‘élection à la présidence de l‘UMP, comment voulez-vous qu‘on surmonte la primaire à Paris avec tous ces ego en folie?”, demande le même observateur aguerri.

BORLOO L‘AMBIGU

Les primaires UMP, par internet, qui avaient présidé à la candidature de François de Panafieu aux municipales de 2008 avaient été contestées par les autres prétendants, comme Claude Goasguen ou Pierre Lellouche, qui avait dénoncé des fraudes.

Le salut viendrait-il du centre? Certains à l‘UMP jugent que l‘hypothèse d‘un Jean-Louis Borloo tête de liste est la seule qui puisse favoriser un consensus.

L‘ex-UDF Claude Goasguen, député-maire UMP du XVIe arrondissement, a dit le 16 janvier sur Twitter sa préférence pour le président de l‘Union des démocrates et indépendants (UDI) même s‘il concédait que la “légitimité” de François Fillon ou “NKM” rendrait aussi “inutile” une primaire à Paris.

Mais la valse-hésitation de Jean-Louis Borloo brouille un peu plus les cartes.

Le Figaro assure mercredi que l‘ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui avait émis des doutes en janvier sur “l‘idée d‘un casting avec tel ou tel”, a renoncé à une possible candidature. L‘intéressé, toujours ambigu, répond qu‘il est “prêt avec l‘UDI à aider à la reconquête de Paris”.

Il a d‘ores et déjà proposé à Jean-François Copé de travailler à une stratégie commune de reconquête, arrondissement par arrondissement, et n‘écarte pas d‘associer son parti à la primaire UMP.

La sénatrice de Paris Chantal Jouanno, ex-UMP passée à l‘UDI, ne veut pas entendre parler d‘un pas de deux électoral.

“A priori, on fait plus confiance à nos propres militants”, a-t-elle expliqué sur France Bleu.

L‘UDI désignera également fin février son chef de file pour les municipales. “Quand l‘UMP aura sa tête de liste, nous aurons notre chef de file, et nous discuterons avec l‘UMP car nous avons la conviction qu‘on ne peut pas y aller séparément”.

Un responsable UMP redoute une nouvelle guerre mortifère après l‘empoignade du 18 novembre. “Comme l‘écrit Aragon dans ‘Les Feux de Paris’, ‘on ne choisit pas son enfer’...”

Edité par Yves Clarisse

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