Le chemin délicat vers l'abandon du 3%

mercredi 13 février 2013 17h29
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises se lancent dans l'exercice délicat de l'abandon de l'objectif de réduction des déficits publics à 3% du PIB fin 2013, écartelées entre une croissance atone et la pression de l'Union européenne pour le sérieux budgétaire, le tout sous la surveillance des marchés financiers.

Les économistes expliquent depuis des mois que les 3% seront quasi impossibles à atteindre en raison d'une croissance qui s'annonce bien plus faible que le 0,8% prévu cette année par le gouvernement, une prévision qui sera revue dans les prochaines semaines, sans aucun doute à la baisse.

François Hollande a dit mardi quelle conséquence il comptait tirer de cette probable révision : la recherche d'un équilibre entre respect des engagements budgétaires et soutien à la croissance.

"Nous devons tout faire pour que dans l'année 2013 nous ayons le sérieux budgétaire sur lequel nous sommes engagés mais que nous ayons aussi une volonté de préserver l'activité. Et c'est en fonction de ces deux exigences (...) que nous aurons à faire les choix liés à cette perspective de croissance", a-t-il déclaré.

Cette déclaration, appuyée par d'autres propos des ministres des Finances et du Budget, laisse entendre que des hausses d'impôts supplémentaires ne seront pas décidées pour tenir coûte que coûte l'objectif de 3%.

Proche de François Hollande, le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé mardi sur Public Sénat qu'"il ne servirait à rien de faire une course à l'austérité supplémentaire".

L'équation économique est simple : quand la croissance est plus faible qu'attendu, les rentrées fiscales sont moindres. La règle de calcul généralement utilisée est qu'une croissance inférieure d'un point aux prévisions se traduit par un demi-point de déficit en plus.

Dans son rapport annuel présenté mardi, la Cour des comptes estime ainsi qu'une croissance économique de 0,3% cette année au lieu de 0,8% aurait un impact de 0,25 point de PIB sur les recettes publiques - et sur le déficit - par rapport aux prévisions gouvernementales.   Suite...

 
Ecartelées entre une croissance atone et la pression de l'Union européenne pour le sérieux budgétaire, les autorités françaises se lancent dans l'exercice délicat de l'abandon de l'objectif de réduction des déficits publics à 3% du PIB fin 2013. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic