Direction et syndicats jouent les prolongations chez Renault

mardi 12 février 2013 23h08
 

par Gilles Guillaume et Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Renault n'a pas bouclé l'accord de compétitivité qu'il espérait signer mardi avec ses syndicats et leur a donné rendez-vous mardi prochain pour une nouvelle séance de négociations.

La dixième séance de discussion qui s'est tenue à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), officiellement de la dernière chance, n'a pas permis aux négociateurs de la direction et des organisations syndicales de parvenir à un accord bien qu'elle se soit prolongée jusqu'après 21 heures.

"Dans les semaines à venir, ce projet va faire l'objet de réunions de négociation nécessaires sur le texte de l'accord", a déclaré le constructeur automobile dans un communiqué. "Il sera ensuite présenté pour consultation au comité central d'entreprise et dans les comités d'entreprise des filiales concernées, préalable à la signature entre les organisations syndicales et le président du groupe Renault, Carlos Ghosn".

Une porte-parole de Renault a précisé au téléphone qu'un nouveau rendez-vous de négociation était fixé pour mardi prochain.

Confronté à un marché européen morose et à des surcapacités de production, le groupe a engagé à l'automne dernier des discussions sur un plan visant à rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols. En échange d'un gel des salaires, d'un allongement du temps de travail et d'un recours accru à la mobilité intersites, Renault s'est engagé à maintenir en activité toutes ses usines de l'Hexagone.

"Il n'y a pas encore d'accord, mais plusieurs lignes rouges sont tombées", a expliqué au téléphone Laurent Smolnik, représentant Force ouvrière, à la sortie des discussions. "Les détachements entre sites continueront de se faire sur la base du volontariat et c'est Carlos Ghosn en personne qui signerait l'accord, pour montrer que c'est le président qui s'engage."

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Renault a également précisé son engagement d'allouer des volumes supplémentaires aux usines françaises, notamment à Flins (Yvelines), l'usine dont les syndicats jugent l'avenir le plus préoccupant. La CFE-CGC, principal syndicat chez Renault, appelait le groupe à ce geste symbolique pour faciliter un accord.   Suite...

 
Renault n'a pas bouclé l'accord de compétitivité qu'il espérait signer mardi avec ses syndicats et leur a donné rendez-vous mardi prochain pour une nouvelle séance de négociations. /Photo prise le 1er février 2013/REUTERS/Jean-Paul Pélissier