Le gouvernement au bord du chaudron social

mardi 12 février 2013 17h34
 

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La montée des tensions sociales et la multiplication de conflits très médiatisés mettent à l'épreuve la crédibilité et la méthode du gouvernement, à l'approche de réformes délicates comme celles des retraites ou du financement de la protection sociale.

François Hollande et son Premier ministre s'efforcent de conjurer le risque majeur que constituerait la convergence de plans sociaux à répétition, d'une aggravation de la précarité, de la montée du chômage, d'une pression sur le pouvoir d'achat et de la division syndicale, facteur de dérapages incontrôlés.

Neuf mois après le retour de la gauche au pouvoir, des responsables gouvernementaux ne veulent pas croire à l'image d'une France "cocotte-minute" au bord de l'explosion, fabriquée selon eux par l'effet de loupe des médias.

De fait, les syndicats n'ont mobilisé mardi matin qu'un millier de personnes représentant une dizaine de sociétés concernées par des plans sociaux et des fermetures de sites, devant le siège de Goodyear, près de Paris.

Parmi les manifestants, l'ex-candidat trotskiste à l'élection présidentielle Philippe Poutou a reconnu une mobilisation inférieure aux attentes des organisateurs.

"Aujourd'hui, avec la peur de la précarité, du lendemain, les gens ont tendance à baisser la tête, mais on espère que ce soit le début du réveil social", a-t-il dit.

Au même moment, quatre syndicats - dont Force ouvrière (FO) mais pas la CGT - faisaient connaître leur soutien à un plan d'accompagnement à la suppression de 8.000 postes à PSA.

Mais ces conflits ne sont que la partie la plus visible d'un malaise à la fois plus étendu et plus profond.   Suite...

 
Des CRS lors d'une manifestation mardi des salariés de Goodyear Dunlop France à Rueil Malmaison, en région parisienne. La montée des tensions sociales et la multiplication de conflits très médiatisés mettent à l'épreuve la crédibilité et la méthode du gouvernement. Mais des responsables gouvernementaux ne veulent pas croire à l'image d'une France "cocotte-minute" au bord de l'explosion. /Photo prise le 12 février 2013/REUTERS/Gonzalo Fuentes