Prison ferme pour les animateurs de l'Arche de Zoé

mardi 12 février 2013 16h23
 

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne, poursuivis pour une tentative de transfert en France d'une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007, ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme.

Eric Breteau et Emilie Lelouch, qui se trouvaient jusque-là en Afrique du Sud et n'avaient pas assisté à leur procès, étaient présents mardi au tribunal correctionnel de Paris pour entendre ce délibéré, au terme duquel ils ont été arrêtés.

Ils ont été reconnus coupables d'exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption, de tentative d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier de mineurs étrangers et d'escroquerie.

Les deux animateurs de l'organisation caritative ont également été condamnés à payer chacun une amende de 50.000 euros et à l'interdiction définitive d'exercer toute profession d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs.

L'Arche de Zoé, poursuivie en tant que personne morale, a été condamnée à une amende de 100.000 euros, et sa dissolution a été prononcée.

Eric Breteau, Emilie Lelouch et l'Arche de Zoé "ne pouvaient ignorer l'illégalité de leur projet", a estimé le tribunal dans son jugement. "Ils ont menti sciemment aux familles."

Le président de l'association caritative et sa compagne ont ri et applaudi ironiquement à la lecture des motivations du tribunal. "Vous auriez eu la parole éventuellement si vous étiez venus aux précédentes audiences", leur a rétorqué la présidente.

Ils avaient été arrêtés en octobre 2007 au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, une région du Soudan, mais dont la plupart étaient de nationalité tchadienne et n'étaient pas orphelins, selon des associations.   Suite...

 
Le président de l'Arche de Zoé Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouche, poursuivis pour une tentative d'exfiltration vers la France d'une centaine d'enfants présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007, ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé