Total se défend dans le dossier "Pétrole contre nourriture"

lundi 11 février 2013 21h22
 

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Total a affirmé lundi avoir pris toutes les précautions en son pouvoir pour éviter d'acheter du brut irakien en contravention du programme "Pétrole contre nourriture" mis en place par l'Onu dans l'Irak de Saddam Hussein.

Le pétrolier français est poursuivi en tant que personne morale pour corruption et complicité et recel de trafic d'influence dans le procès des ramifications françaises du détournement de cette mesure visant à assouplir l'embargo contre l'Irak.

Total encourt jusqu'à 1,88 million d'euros d'amende.

"Notre point de vue, c'était de ne pas payer de surcharges", a déclaré lundi son secrétaire général Jean-Jacques Guilbaud devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"On aurait pu effectivement se retirer du marché au motif que malgré toutes les précautions qu'on prenait, peut-être, indirectement, on contribuait au paiement de surcharges", a-t-il ajouté. Mais "si on applique le principe de précaution aux affaires, on arrête."

Mis en place par l'Onu de 1996 à 2003 en Irak, le programme "Pétrole contre nourriture" devait permettre à Bagdad de vendre une partie de son pétrole contre l'achat de fournitures humanitaires.

Mais le régime de Saddam Hussein l'a détourné par le biais de deux mécanismes mis au jour en 2005 dans un rapport de l'ancien chef de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker.

Bagdad allouait d'une part des bons de pétrole à des personnalités de pays jugés "amis" en contrepartie d'un militantisme pour la levée de l'embargo, et exigeait d'autre part des paiements supplémentaires -ou "surcharges"- aux acheteurs, en marge du compte bancaire contrôlé par l'Onu.   Suite...

 
Total a affirmé lundi avoir pris toutes les précautions en son pouvoir pour éviter d'acheter du brut irakien en contravention du programme "Pétrole contre nourriture" mis en place par l'Onu dans l'Irak de Saddam Hussein, dans la cadre du procès des ramifications françaises du détournement de cette mesure visant à assouplir l'embargo contre l'Irak. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau