Trois protagonistes de l'affaire Bettencourt confrontés

lundi 11 février 2013 14h57
 

BORDEAUX (Reuters) - Une confrontation entre trois protagonistes de l'affaire Bettencourt a débuté lundi après-midi dans le bureau du juge bordelais Jean-Michel Gentil, a-t-on appris de source judiciaire.

Les trois hommes, Patrice de Maistre et Pascal Wilhelm, déjà mis en examen, ainsi que Stéphane Courbit, placé sous le statut de témoin assisté, sont arrivés séparément au tribunal de Bordeaux avec leurs avocats, a-t-on constaté sur place.

Le juge d'instruction cherche à déterminer de quelle manière l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt a pu investir 143 millions d'euros dans la holding de Stéphane Courbit, LOV Group Industrie (LG Industrie), soit une prise de participation de 20%.

Cet investissement avait été effectué en deux fois, en décembre 2010 et mai 2011 avant que Liliane Bettencourt ne soit mise sous tutelle un mois plus tard sur la base d'une expertise médicale constatant un état de démence depuis septembre 2006.

Entendu par le juge le 10 janvier, Stéphane Courbit, homme d'affaires dans les secteurs des jeux en ligne, de l'énergie et de la production audiovisuelle, n'a finalement pas été mis en examen, contrairement à l'avocat Pascal Wilhelm quelques jours plus tôt pour complicité d'abus de confiance aggravé.

L'avocat parisien avait conseillé à Liliane Bettencourt de procéder à cet investissement alors qu'il était à la fois l'avocat de Stéphane Courbit et le gestionnaire du patrimoine de la milliardaire dans le cadre d'un mandat de protection future que lui avait confié la famille.

Lors de son audition Me Wilhelm a, selon des sources proches du dossier, indiqué que Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt auquel il avait succédé en décembre 2010, n'était pas étranger à cette affaire.

Patrice de Maistre a été mis en examen pour abus de faiblesse, abus de biens sociaux et trafic d'influence dans d'autres volets de l'affaire Bettencourt, ce qui lui a valu d'être placé durant trois mois en détention provisoire.

Claude Canellas, édité par Gérard Bon

 
Une confrontation entre trois protagonistes de l'affaire Bettencourt a débuté lundi après-midi dans le bureau du juge bordelais Jean-Michel Gentil. /Photo d'archives/REUTERS/Stephane Mahé