Le parti de Marzouki "gèle" son départ du gouvernement tunisien

lundi 11 février 2013 14h32
 

TUNIS (Reuters) - Le Congrès pour la république, le parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a décidé lundi de "geler" son retrait annoncé la veille de la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda.

Mohamed Abbou, secrétaire général du petit parti de centre-gauche, a expliqué lors d'une conférence de presse que les trois ministres CPR resteraient une semaine de plus au gouvernement.

"Le parti a décidé de geler pendant une semaine les démissions de ses ministres afin de permettre davantage de discussions sur un gouvernement de coalition", a-t-il dit.

Le CPR du président Marzouki de même qu'Ettakatol, autre formation laïque de centre-gauche, forment avec les islamistes d'Ennahda un gouvernement de coalition depuis les élections d'octobre 2011.

Face à l'aggravation des tensions en Tunisie consécutives à l'assassinat, la semaine dernière, de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, le Premier ministre Hamadi Jebali, numéro deux d'Ennaha, a annoncé qu'il nommerait un gouvernement d'experts indépendants le temps d'organiser de nouvelles élections.

Mais des dirigeants d'Ennahda, du CPR et d'Ettakatol lui ont reproché de n'avoir mené aucune consultation préalable.

Besma Belaïd, la veuve de l'opposant assassiné, a répété lundi qu'elle souhait la démission du gouvernement.

"Ma seule exigence est la démission du gouvernement qui n'a pu assurer la sécurité de Chokri Belaïd", a-t-elle déclaré lors d'un rassemblement de centaines d'opposants devant l'immeuble de l'Assemblée constituante.

"Il faut qu'ils partent, tous, y compris le Premier ministre. La partie est terminée. S'ils restent, on peut craindre d'autres assassinats dans ce climat de peur et de violence", a-t-elle ajouté.

Tarek Amara; Henri-Pierre André et Pascal Liétout pour le service français

 
Le Congrès pour la république, le parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a décidé lundi de "geler" son retrait annoncé la veille de la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda. /Photo d'archives/REUTERS/Zoubeir Souissi