Le parti du chef de l'Etat quitte le gouvernement tunisien

dimanche 10 février 2013 14h51
 

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Le Congrès pour la République (CPR), petit parti laïque du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda.

Cette formation de centre gauche tire les conséquences du rejet de ses demandes, a expliqué dimanche un de ses cadres, Ben Amor, à Reuters.

"Nous disions depuis une semaine que si les ministres des Affaires étrangères et de la Justice n'étaient pas remplacés, nous nous retirerions", a-t-il dit.

Le départ des trois ministres CPR est un nouveau coup porté au gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Hamadi Jebali, déjà mis à mal par l'assassinat cette semaine de l'opposant laïque Chokri Belaïd.

Hamadi Jebali a proposé la constitution d'un gouvernement de technocrates en attendant l'organisation de nouvelles élections législatives, mais il a été désavoué y compris par Ennahda, dont il est pourtant le secrétaire général.

"Cette décision (de quitter le gouvernement) n'a rien à voir avec la décision du Premier ministre de former un gouvernement de technocrates", a précisé Ben Amor.

Outre Ennahda, le CPR et l'autre petit parti laïque de la coalition, Ettakatol, ont critiqué cette décision en regrettant de ne pas avoir été consultés au préalable.

Le CPR et Ettakatol réclament un remaniement ministériel qui déboucherait sur l'attribution à des personnalités indépendantes de portefeuilles-clés détenus par Ennahda .   Suite...

 
Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda. /Photo prise le 6 février 2013/REUTERS/Jean-Marc Loos