Les islamistes à leur tour dans la rue en Tunisie

samedi 9 février 2013 22h10
 

par Tarek Amara et Alistair Lyon

TUNIS (Reuters) - Les islamistes sont descendus samedi à leur tour dans la rue à Tunis au lendemain des obsèques de l'opposant laïque Chokri Belaïd, dont l'assassinat a provoqué une onde de choc dans le "berceau" du printemps arabe.

Quelque 6.000 partisans d'Ennahda, le parti islamiste au pouvoir depuis l'avènement de la "révolution de jasmin" de janvier 2011 et les élections, se sont rassemblés pour manifester leur soutien à Rached Ghannouchi.

Le président d'Ennahda avait été la cible, la veille, de slogans hostiles lors des obsèques de Chokri Belaïd, qui ont rassemblé la plus grande foule depuis 2011 et le renversement de l'autocrate Zine ben Ali.

"Le peuple veut de nouveau Ennahda !", scandaient les islamistes, brandissant des drapeaux tunisiens et l'emblème du parti en marchant sur le ministère de l'Intérieur en empruntant l'avenue Habib Bourguiba, la plus grande artère de la capitale.

"Nous sommes venus pour soutenir la légitimité mais si vous préférez le pouvoir de la rue, regardez la rue aujourd'hui, ce pouvoir, nous l'avons", a déclaré à la foule Lofti Zitoun, un responsable d'Ennahda.

La démonstration de force des islamistes était toutefois éclipsée en importance par la marée humaine qui a déferlé la veille dans la capitale et les autres villes du pays pour rendre hommage à Chokri Belaïd et dénoncer le gouvernement dominé par les islamistes.

L'assassinat de cette figure du mouvement laïc, perpétré mercredi devant son domicile par un homme seul qui a pris la fuite à moto, n'a pas été revendiqué. Sa famille a toutefois pointé du doigt la responsabilité d'Ennahda, qui a nié toute implication.

Après la mort de l'opposant, le Premier ministre, Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, a proposé de dissoudre le gouvernement et de nommer une équipe de technocrates en attendant la tenue d'élections.   Suite...

 
Des manifestants islamistes brandissent samedi à Tunis l'inscription "Dégage" en réponse aux propos du ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, qui juge que Paris doit "soutenir les démocrates" en Tunisie. La démonstration de force des islamistes est également une réplique à la manifestation de vendredi lors des obsèques de l'opposant laïque Chokri Belaïd, dont l'assassinat a provoqué une onde de choc. /Photo prise le 9 février 2013/REUTERS/Zoubeir Souissi