9 février 2013 / 17:08 / il y a 5 ans

Vers des sanctions dans l'affaire de la viande de cheval

Qu'il y ait eu simple négligence ou faute avérée, il y aura des sanctions contre les responsables de la présence de viande de cheval dans des produits de la marque Findus présentés comme préparés au boeuf, a annoncé samedi le gouvernement français. /Photo prise le 8 février 2013/Chris Helgren

par Chine Labbé et Tim Castle

PARIS/LONDRES (Reuters) - Il y aura des sanctions contre les responsables de la présence de viande de cheval dans des produits de la marque Findus présentés comme préparés au boeuf, ont annoncé samedi les gouvernements français et britannique.

Des enquêtes ont été ouvertes à Paris et à Londres pour déterminer la chaîne des responsabilités dans la commercialisation, dans plusieurs pays européens, de cette viande chevaline en provenance de Roumanie tandis qu'en France, les différents fournisseurs de Findus se renvoyaient samedi la paternité de ce scandale.

"Que (l'importateur français) ait été négligent ou directement responsable, il y aura une sanction à la clé", a déclaré sur i>télé Benoît Hamon, ministre français chargé de la Consommation.

"Toute faute découverte sera punie", a de son côté dit dans un communiqué Owen Paterson, ministre britannique de l'environnement.

Une enquête avait été lancée il y a quelques semaines en Grande-Bretagne à la suite de la découverte de produits non conformes vendus dans les supermarchés Tesco et dans des restaurants de la chaîne Burger King.

L'antenne britannique du fabricant de produits surgelés Findus a commencé cette semaine à rappeler des lots contenant de la viande chevaline.

Vendredi, Findus France a également décidé de retirer temporairement du marché lasagnes bolognaise, hachis parmentier et moussaka. La société reprendra lundi les approvisionnements de ces trois produits, a-t-elle toutefois annoncé.

FOURNISSEURS ET TRADERS EN SÉRIE

L'enquête française, confiée à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, a mis en lumière un circuit très compliqué de commercialisation de cette viande, selon les indications de Benoît Hamon.

Findus se fournissait auprès d'une usine luxembourgeoise du français Comigel, qui se fournissait elle-même auprès du français Poujol, explique-t-il dans un communiqué.

Mais ce n'est pas tout.

"Celui-ci a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie", ajoute le texte.

Comigel a dit dès vendredi soir avoir identifié "le fournisseur responsable" en la société Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude). Mais Spanghero s'estime victime de son fournisseur roumain.

Alors que ses fournisseurs se renvoient la responsabilité, Findus France a estimé avoir été trompée, et a annoncé qu'elle porterait plainte contre X dès lundi.

"UN COMPLOT CRIMINEL INTERNATIONAL"

"On nous certifiait avoir de la viande de boeuf française dans nos recettes. En réalité, on nous a fourni de la viande de cheval roumaine. Nous avons été trompés", a écrit dans un communiqué Matthieu Lambeaux, son directeur général.

"Il y a deux victimes dans cette affaire: Findus et le consommateur. Nous porterons plainte contre X dès lundi", a-t-il ajouté.

Les résultats préliminaires d'une enquête interne menée par Findus au Royaume-Uni suggèrent que la présence de viande chevaline n'était "pas accidentelle", a fait savoir la compagnie.

Pour Owen Paterson, ce scandale est le résultat d'une "incompétence flagrante" ou de ce qu'il a dit soupçonner être "un complot criminel international."

Les responsables de cette possible fraude encourent une sanction financière pouvant aller jusqu'à la moitié du bénéfice réalisé en cas de pratiques commerciales trompeuses, voire une sanction pénale pouvant aller jusqu'à 2 ans de prison et 37.500 euros d'amende en cas de délit, selon le ministère français de l'Economie.

Ce scandale soulève la question de la traçabilité des aliments, souvent issus d'une chaîne de fournisseurs et de sous-traitants "en cascade", note Charles Pernin, chargé de mission alimentation pour l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV).

"En situation de crise, on a bien du mal à identifier l'origine du problème", a-t-il dit sur i>télé.

Edité par Tangi Salaün

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