8 février 2013 / 14:08 / il y a 5 ans

La fin du débat sur le mariage homosexuel se profile

Le long et tumultueux débat à l'Assemblée sur le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, la réforme sociétale la plus importante depuis l'abolition de la peine de mort en 1981, pourrait s'achever dès samedi. /Photo prise le 5 février 2013/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Le long et tumultueux débat à l'Assemblée sur le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, la réforme sociétale la plus importante depuis l'abolition de la peine de mort en 1981, pourrait s'achever dès samedi.

Un vote solennel des députés sur l'ensemble du texte est prévu le mardi 12 février, le Sénat devant à son tour l'examiner à partir du 18 mars en séance publique.

Les députés ont siégé jour et nuit depuis le 29 janvier, le groupe UMP menant bataille sans répit, mais les troupes sont fatiguées et devraient éviter un nouveau week-end de travail.

"Nous souhaitons terminer (l'examen) le plus tôt possible mais nous sommes mobilisés et prêts à siéger tout le week-end s'il le faut", a déclaré vendredi Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

"Nous sommes unis pour faire voter ce projet de loi", a-t-il ajouté avant de lancer à l'opposition "un appel à la responsabilité" en soulignant que sur les 1.600 amendements restant à débattre, sur plus de 5.000, il n'y en avait que 130, les autres étant des "amendements copiés-collés".

JACOB PRÊT À ALLER PLUS VITE

"La droite n'a plus rien à dire", a estimé la communiste Marie-George Buffet.

Christian Jacob, le président du groupe UMP, a en revanche estimé que "la démonstration de l'opposition à tenir et à résister" était désormais "faite" et laissé entendre que le débat pourrait se terminer rapidement.

"Tout le monde sait que si on a envie de tenir jusqu'à lundi, on peut tenir jusqu'à lundi. Mais on n'est pas là-dedans", a-t-il déclaré à Reuters. "Le climat est plus détendu. Si le gouvernement, objectivement depuis hier soir et encore ce matin, répond un peu plus aux questions, on n'est pas contre d'accélérer. Mais à condition que ça se passe bien."

L'opposition a bataillé contre la réforme en utilisant tous les moyens pour ralentir les débats : défense un par un de ses nombreux amendements, demandes de suspension de séance et de scrutins publics, rappels au règlement, propos parfois vifs.

Depuis plusieurs jours déjà, la fatigue commence à faire sentir ses effets et les groupes, notamment de l'opposition, ont de plus en plus de mal à mobiliser leurs troupes. Les incidents en séance sont de plus en plus nombreux et le ton plus dur, parfois à la limite du dérapage.

IRRUPTION DES TWEETS

Plusieurs incidents sont la conséquence de l'irruption des tweets, nouveauté à l'Assemblée. Députés et citoyens utilisent les réseaux sociaux pour le meilleur comme pour le pire.

Si certains d'entre eux portent sur des points de droit, d'autres visent la couleur du lainage de tel ou tel élu. Certains frisent la délation en soulignant que le député X n'est pas en séance ou qu'il joue au scrabble sur sa tablette.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a dû répondre aux nombreuses interpellations de l'opposition qui, profitant d'une certaine confusion au sein du gouvernement, a essayé de détourner les débats sur la gestation pour autrui (GPA) puis sur la procréation médicalement assistée (PMA).

C'est samedi dernier que l'Assemblée avait adopté par 249 voix contre 97 l'article premier qui supprime l'exigence de la différence des sexes comme condition du droit au mariage.

L'article 4, qui permet de maintenir les termes "père" et "mère" et de réserver le terme "parent" à quelques cas limités a été voté dans la nuit de jeudi à vendredi.

Afin d'éviter une seconde lecture à l'Assemblée qui risquerait de voir les débats une nouvelle fois traîner, il n'est pas exclu que le Sénat, où toute la gauche, y compris le Front de gauche, soutient la réforme, vote le projet de loi dans les mêmes termes que l'Assemblée.

Le président du Sénat, Jean-Pierre Bel (PS), n'a pas exclu cette éventualité et, si c'est le cas, le projet de loi serait alors définitivement adopté par le Parlement.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below