De Margerie se demande ce qu'il fait en correctionnelle

mardi 5 février 2013 18h04
 

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le PDG de Total, Christophe de Margerie, s'est demandé mardi ce qu'il faisait au procès du volet français du dossier "Pétrole contre nourriture", le mécanisme mis en place pour assouplir l'embargo contre l'Irak de Saddam Hussein.

Renvoyé en correctionnelle contre l'avis du parquet pour des faits de complicité d'abus de biens sociaux au préjudice de la société Total, faits qu'il aurait commis en 1999, il encourt 5 ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

"Je me demande bien" ce que je fais ici, a dit Christophe de Margerie pendant son interrogatoire.

Mis en place par l'Onu de 1996 à 2003 en Irak pour assouplir l'embargo visant alors l'Irak, le programme "Pétrole contre nourriture" devait permettre à Bagdad de vendre une partie de son pétrole contre l'achat de fournitures humanitaires.

Mais il a été détourné par le régime de Saddam Hussein par le biais de mécanismes mis à jour dans un rapport de l'ancien chef de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker, en 2005.

Bagdad allouait d'une part des bons de pétrole à des personnalités et compagnies de pays jugés "amis", qui touchaient une commission en contrepartie d'un lobbying pour la levée de l'embargo, et exigeait d'autre part des paiements supplémentaires - ou "surcharges" - aux acheteurs.

MARGERIE DIT NE PAS AVOIR CONNU LE MOT ALLOCATION

Mis en examen en octobre 2006, Christophe de Margerie est soupçonné d'avoir contribué à la mise en place d'un système de commercialisation, par Total, de barils de pétrole alloués par le régime irakien en violation des résolutions de l'Onu.   Suite...

 
Christophe de Margerie s'est demandé mardi ce qu'il faisait au procès du volet français du dossier "Pétrole contre nourriture", le mécanisme mis en place pour assouplir l'embargo contre l'Irak de Saddam Hussein. Le PDG de Total a été renvoyé en correctionnelle contre l'avis du parquet pour des faits de complicité d'abus de biens sociaux au préjudice du groupe pétrolier. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes