Galliano conteste son licenciement devant les prud'hommes

lundi 4 février 2013 18h54
 

PARIS (Reuters) - John Galliano conteste son licenciement en 2011 par la maison Dior devant les prud'hommes, a-t-on appris lundi auprès de son avocate, Me Chantal Giraud-van Gaver, à l'issue d'une audience consacrée à des questions de procédure.

Outre la nullité de son licenciement, l'ancien directeur artistique de Dior demande des dommages et intérêts pour "licenciement sans cause réelle et sérieuse", a-t-elle précisé, refusant toutefois d'en préciser le montant.

Évincé de la maison Dior en 2011 pour avoir proféré des injures à caractère antisémite, John Galliano a été condamné en 2011 par la justice française à une amende de 6.000 euros après avoir été reconnu coupable de comportement antisémite.

Âgé de 52 ans, il avait alors justifié son attitude par des addictions à la drogue et à l'alcool.

John Galliano était sous le coup d'une "triple addiction", au moment des faits, a dit à Reuters Me Chantal Giraud-van Gaver, soulignant que le licenciement d'un employé en raison de son état de santé est interdit en France.

Les sociétés Dior et John Galliano "ne pouvaient pas le licencier pour ce motif", a-t-elle ajouté.

L'avocat de Dior a soulevé lundi l'incompétence des prud'hommes, considérant que John Galliano n'était pas un salarié de Dior, a-t-elle indiqué, jugeant cet argument "aberrant".

L'audience a été consacrée à cette question de procédure, les prud'hommes se déclarant finalement compétents, a-t-elle ajouté. Dior a désormais 15 jours pour éventuellement demander à une Cour d'appel de statuer à son tour sur la compétence des prud'hommes.

Dans tous les cas, cette affaire ne devrait pas être adressée au fond avant octobre ou novembre, a estimé l'avocate.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

 
John Galliano (au centre) à son arrivée pour une audition dans un commissariat de Paris en février 2011. L'ancien directeur artistique, évincé de la maison Dior en 2011 pour avoir proféré des injures à caractère antisémite, conteste son licenciement devant les prud'hommes. /Photo pise le 28 février 2011/REUTERS/Gonzalo Fuentes