1 février 2013 / 12:06 / il y a 5 ans

La droite part à l'offensive contre "l'Etat PS"

L'opposition de droite accuse l'exécutif français de constituer un "Etat PS" et de se livrer à une véritable purge dans la fonction publique, en contradiction avec les engagements de François Hollande d'instaurer une République exemplaire. L'Elysée et Matignon rejettent ces critiques, invoquant des critères de compétence et affirmant que seule une poignée de hauts fonctionnaires s'étant mis au service exclusif de l'ex-président Nicolas Sarkozy ont été évincés. /Photo d'archives/François Lenoir

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite accuse l'exécutif français de constituer un "Etat PS" et de se livrer à une véritable purge dans la fonction publique, en contradiction avec les engagements de François Hollande d'instaurer une République exemplaire.

L'Elysée et Matignon rejettent ces critiques, invoquant des critères de compétence et affirmant que seule une poignée de hauts fonctionnaires s'étant mis au service exclusif de l'ex-président Nicolas Sarkozy ont été évincés.

"Il y a quelques mois, il y avait eu des articles de presse disant que des gens de gauche se plaignaient que beaucoup de gens de droite étaient nommés", dit-on dans l'entourage du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"C'est peut être la preuve que dans les nominations intervenues, on recherche les talents et les mérites et pas la récompense des uns ou des autres", ajoute-t-on.

Mais Luc Chatel, vice-président délégué à l'UMP, dénonce une "véritable chasse aux sorcières" et réclame la création d'un observatoire des nominations en France.

Plus de 30% des préfets et près de 50% des recteurs de l'Education nationale ont été changés, un mouvement qui s'ajouterait à la nomination de proches de François Hollande à la tête d'organismes publics, affirme-t-il.

Les nominations d'Olivier Schrameck, proche de l'ex-Premier ministre PS Lionel Jospin, à la présidence du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), puis celle de l'ex-ministre Jack Lang à l'Institut du monde arabe ont relancé les critiques apparues dès les premiers mois de la présidence Hollande.

Le souhait du gouvernement de voir Anne Lauvergeon, ex-patronne d'Areva et ancienne conseillère de François Mitterrand prendre la tête d'EADS, a apporté de l'eau au moulin des pourfendeurs de "l'Etat PS".

"PURGE SANS PRÉCÉDENT"

"On assiste aujourd'hui à une purge sans précédent au niveau de la haute fonction publique depuis 1981, une véritable chasse aux sorcières", a estimé vendredi Luc Chatel sur RTL.

Mardi, le député UMP Sébastien Huyghe, proche du président de la formation d'opposition Jean-François Copé, avait ouvert les hostilités à l'Assemblée nationale en interpellant le Premier ministre sur "les nominations de complaisance".

"Il me revient en mémoire les perpétuelles leçons de morale que l'opposition d'hier et son candidat à la présidentielle ne cessaient d'adresser au précédent gouvernement", déclarait-il.

Pour Luc Chatel, l'un des exemples les plus frappants est celui des préfets, dont 83 auraient été mis hors cadre, c'est-à-dire sans affectation. Il dénonce également le limogeage du doyen de l'inspection générale de l'Education nationale.

"On a nommé des militants plutôt que de nommer des préfets qui ont des compétences et qui avaient occupé des responsabilités", déplore-t-il.

"À l'inverse de François Hollande, Nicolas Sarkozy a fait l'ouverture, il a nommé un député socialiste (Didier Migaud) président de la Cour des comptes", ajoute-t-il dans Le Figaro magazine, à paraître samedi. "Où est le Didier Migaud de droite de M. Hollande ?".

Matthias Fekl, secrétaire national du Parti socialiste aux institutions et à la réforme, s'élève contre "les déclarations calomnieuses de Luc Chatel", affirmant que le gouvernement agit "avec le souci constant d'un Etat impartial et exemplaire."

"Ils viennent de la part d'un responsable de l'UMP qui a accepté sans broncher le mélange des genres permanents entre politique et monde de l'argent", écrit-il dans un communiqué.

A gauche, des critiques se font jour, mais moins sur la sensibilité politique des nouveaux promus que sur l'importance accordée aux énarques et aux "technocrates".

"C'est le même personnel politique qu'on recycle", déclarait récemment à Reuters Emmanuel Maurel, figure de l'aile gauche du PS, soulignant "l'incroyable poids de l'énarchie".

"On a l'impression que le bon choix, c'est un techno", disait ainsi le vice-président PS du Conseil régional d'Ile-de-France. "(Nicolas) Sarkozy, de ce point de vue-là, avait fait une rupture."

Gérard Bon et Chine Labbé, avec Julien Ponthus édité par Yves Clarisse

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