Le Comité d'éthique veut des états généraux sur la PMA

vendredi 1 février 2013 12h42
 

PARIS (Reuters) - La question de l'ouverture en France de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes justifie la tenue d'états généraux, estime le président du Comité national d'éthique, qui annonce s'être saisi de cette question.

La PMA pour les couples de lesbiennes ayant un projet parental est rejetée en bloc par l'opposition et décriée par certains élus de la majorité. Ecartée du projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les homosexuels, cette mesure doit figurer dans un texte séparé sur la famille.

"Nous avons décidé de nous saisir de la question globale de (la PMA)", dit Jean-Claude Ameisen, professeur d'immunologie à l'université Paris-Descartes, dans un entretien au journal Le Monde daté de samedi.

"Nous pensons que cette question justifie une réflexion de fond de la société, qui pourrait prendre la forme d'états généraux", ajoute-t-il, évoquant, outre la question des couples de lesbiennes, celle des femmes ayant conservé leurs ovocytes et souhaitant recourir à la PMA à un âge où la fertilité est "compromise".

De tels états généraux pourraient rendre leurs conclusions à l'automne 2013, précise le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

La réflexion menée par le Comité s'intéressera également à la gestation pour autrui, interdite en France, mais qui s'est imposée au coeur du débat politique après la diffusion d'une circulaire qui facilite la délivrance de certificats de nationalité aux enfants de père français nés d'une mère porteuse à l'étranger.

Le CCNE a émis un avis négatif sur la GPA en 2010, "en raison du risque majeur d'instrumentalisation des femmes", rappelle toutefois Jean-Claude Ameisen.

Chine Labbé, édité par Gilles Trequesser

 
La question de l'ouverture en France de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes justifie la tenue d'états généraux, estime le président du Comité national d'éthique, qui annonce s'être saisi de cette question. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel