Prison avec sursis pour l'ancien distributeur de Taser

jeudi 31 janvier 2013 15h40
 

PARIS (Reuters) - Le patron de l'ancien distributeur du pistolet électrique Taser en France a été condamné jeudi à 15 mois de prison avec sursis et à 10.000 euros d'amende pour la surveillance illicite du dirigeant d'extrême gauche Olivier Besancenot en 2007-2008.

Antoine Di Zazzo a été reconnu coupable de complicité de violation du secret professionnel, de complicité de détournement de finalité de données, et de complicité d'accès frauduleux dans un traitement automatisé de données.

Présenté par l'accusation comme le "donneur d'ordre", il a écopé de la peine la plus lourde, les neuf autres prévenus, parmi lesquels des détectives privés, un douanier et des policiers, étant condamnés à de plus courtes peines de prison avec sursis.

"Je n'ai jamais ordonné quoi que ce soit, donc c'est une décision totalement incompréhensible", a-t-il déclaré, indiquant qu'il ferait appel.

Olivier Besancenot a été espionné après avoir mis en cause publiquement le Taser, pistolet à impulsions électriques en principe non mortel utilisé par la police française, mais controversé après de nombreux incidents.

Une copie d'un rapport de surveillance et une clé USB contenant des photos de la personnalité d'extrême gauche prises lors de filatures ont été découvertes par la police à la société SMP Technologies, dirigée par Antoine Di Zazzo, et qui commercialisait alors le Taser.

L'avocat d'Olivier Besancenot, Me Antoine Comte, s'est réjoui du jugement.

"C'est une décision de principe, les personnes qui ont participé directement à cet espionnage sont sanctionnées, la personne qui, de notre point de vue, a toujours donné les ordres pour que cet espionnage se fasse, est également sanctionnée, en respectant la hiérarchie des responsabilités", a-t-il dit à la presse.

"C'est ce que nous attendions, nous voulions qu'il y ait un coup d'arrêt donné à cette facilité avec laquelle dans ce pays on espionne, soit les salariés, soit les dirigeants syndicaux, soit les hommes politiques", a-t-il ajouté.

Au premier jour du procès, en novembre dernier, l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste avait dit vouloir en faire une tribune pour "discuter du fonctionnement des officines privées et des fichiers de police".

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

 
Le patron de l'ancien distributeur du pistolet électrique Taser en France a été condamné jeudi à 15 mois de prison avec sursis et à 10.000 euros d'amende pour la surveillance illicite du dirigeant d'extrême gauche Olivier Besancenot en 2007-2008. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé