COR-Aucun dirigeant d'Areva devant la justice pour Uramin

jeudi 31 janvier 2013 15h31
 

Correction: bien lire milliards et non millions au troisième paragraphe.

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a confirmé jeudi le renvoi devant le tribunal correctionnel du seul dirigeant d'une société suisse d'intelligence économique dans l'affaire d'espionnage qui a ébranlé le groupe nucléaire français Areva en 2011.

Mario Brero est poursuivi pour "complicité de violation du secret professionnel" et "recel de violation du secret professionnel", a-t-on précisé, confirmant une information du Monde.

Le parquet a achevé son enquête préliminaire ouverte en décembre 2011 sur une "étude" interne relative au rachat en 2007 pour 2,5 milliards de dollars de la société de gisements africains Uramin, une acquisition qui a tourné au fiasco financier.

Anne Lauvergeon, ancienne présidente du directoire d'Areva qui a dénoncé un complot politique à son encontre, avait porté plainte contre X après la découverte d'enquêtes sur ce rachat qui auraient empiété sur sa vie privée. Elle a été remplacée en juin 2011 par Luc Oursel à la tête du groupe.

Mario Brero est accusé d'avoir enquêté sur le mari d'Anne Lauvergeon, Olivier Fric, consultant en énergie, à la demande de Sébastien de Montessus, directeur des activités minières du groupe.

Les chefs retenus à l'encontre du patron de la société Alp Services le sont au seul préjudice d'Olivier Fric et de Ludivine Wouters, fille d'un ancien cadre d'Areva, Daniel Wouters.

Aucun des cadres entendus dans l'enquête, dont Sébastien de Montessus, ne sont poursuivis. Sébastien de Montessus et Jean-Michel Chéreau, directeur de la protection à Areva, sont toutefois cités comme témoins dans le futur procès.

"Manquant de preuves, et malgré la coopération de la justice suisse, le parquet a donc considéré que l'enquête préliminaire n'avait pas permis d'établir des responsabilités directes chez Areva", relève Le Monde.

Nicolas Bertin avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

 
Le parquet de Paris a confirmé le renvoi devant le tribunal correctionnel du seul dirigeant d'une société suisse d'intelligence économique dans l'affaire d'espionnage qui a ébranlé le groupe nucléaire français Areva en 2011. /photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau