Pétrole contre nourriture: l'accusation ne tient pas, dit Pasqua

mercredi 30 janvier 2013 21h40
 

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a affirmé mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris que les faits qui lui sont reprochés dans le volet français du dossier "Pétrole contre nourriture" ne tenaient pas "debout une seule minute".

Mis en place par l'Onu de 1996 à 2003 en Irak pour assouplir en partie l'embargo visant alors le pays, ce programme a été largement détourné par le régime de Saddam Hussein, impliquant de nombreuses sociétés et personnalités dans plusieurs pays.

Renvoyé en correctionnelle pour "trafic d'influence passif" et "corruption d'agents publics étrangers", l'ex-sénateur français est soupçonné d'avoir reçu du régime irakien des allocations pour 11 millions de barils de pétrole entre 1999 et 2000 en remerciement d'actions favorables au pays.

Les opérations de récupération de ces allocations et de revente des barils auraient été menées par son conseiller diplomatique de l'époque, Bernard Guillet, également entendu mercredi.

Charles Pasqua, contre qui le parquet avait requis un non-lieu, a toujours nié les faits, et conteste avoir appartenu à un lobby pro-Irak. Il encourt jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.

"Ça ne tient pas debout une seule minute", a-t-il dit mercredi soir devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"Moi je suis un serviteur de l'Etat (...) l'argent n'a jamais été pour moi la valeur essentielle", a-t-il ajouté. "On ne peut pas me présenter comme allocataire de barils de pétrole. Je n'ai rien reçu du tout."

Le programme "Pétrole contre nourriture" avait pour objectif de soulager les souffrances du peuple irakien en permettant à Bagdad de vendre une partie de son pétrole malgré l'embargo imposé après la première guerre du Golfe sur l'intégralité de son commerce extérieur.   Suite...

 
L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a affirmé mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris que les faits qui lui sont reprochés dans le volet français du dossier "Pétrole contre nourriture" ne tenaient pas "debout une seule minute". /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes