Les familles veulent la vérité dans l'affaire Mohamed Merah

mercredi 30 janvier 2013 20h56
 

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Les familles de victimes de Mohamed Merah pressent l'exécutif de répondre aux dysfonctionnements policiers apparus lors de l'affaire, alors que deux hommes ont été interpellés à Toulouse dans l'enquête sur les complicités dont il aurait pu bénéficier.

Reçues mercredi par Manuel Valls, les familles ont noté la volonté de transparence du ministre de l'Intérieur tout en confiant leur sentiment que l'enquête sur l'auteur des tueries qui ont fait sept morts en mars 2012 n'avançait pas.

"Je ne suis pas satisfaite, car il n'y a rien de nouveau. J'attendais qu'on me dise que l'enquête avance", a dit aux journalistes Lafita Ibn Ziaten, la mère d'un des trois militaires tués.

Albert Chennouf, le père d'un second soldat, est allé dans le même sens: "On sent qu'il est à l'écoute, mais il n'y a rien de décisif. Je ne m'attendais pas à grand chose."

En revanche, Olivier Morice, avocat de la famille de Mohamed Legouad, s'est félicité de la promesse du ministre d'examiner à nouveau tous les documents susceptibles d'être déclassifiés, pour permettre à la justice d'avancer. Manuel Valls, a-t-il dit, "a insisté sur le fait qu'il voulait pratiquer la transparence la plus large possible".

Me Marc Bensimhon, autre défenseur d'un soldat tué, a souligné l'importance de cette déclassification promise, qui concernait l'attitude des forces de l'ordre lors de l'assaut qui a abouti à la mort du "tueur au scooter".

Dans Le Monde daté du 31 janvier, Manuel Valls précise que tout ce qui peut être déclassifié le sera, mais "pas les éléments qui exposeraient des sources, étrangères ou françaises".

Les familles voudraient obtenir à la fois la mise en évidence de complicité, ce qui permettrait la tenue d'un procès, et une reconnaissance plus nette des erreurs des services de renseignement dans l'affaire.   Suite...

 
Lafita Ibn Ziaten, la mère d'Imed, un des trois militaires tués par Mohamed Merah, lors d'une cérémonie aux Invalides en hommage aux victimes du terrorisme. Les familles de victimes de Mohamed Merah pressent l'exécutif de répondre aux dysfonctionnements policiers apparus lors de l'affaire, alors que deux hommes ont été interpellés à Toulouse dans l'enquête sur les complicités dont il aurait pu bénéficier. /Photo prise le 19 septembre 2012/REUTERS/François Mori/Pool