Le patron de Fauchon mis en examen pour trafic d'influence

mercredi 30 janvier 2013 08h48
 

MARSEILLE (Reuters) - Le patron des épiceries fines Fauchon a été mis en examen fin décembre pour trafic d'influence dans un dossier connexe à une affaire de malversations sur les marchés publics de la région marseillaise, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Michel Ducros est soupçonné d'avoir versé un pot de vin de 500.000 euros à un proche d'Alexandre Guérini, frère du président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour débloquer un projet immobilier à la Ciotat, précise-t-on de même source, confirmant une information de La Provence.

Selon cette source, la transaction a eu lieu en 2010 à Genève. Elle devait permettre à l'homme d'affaires d'écarter une société concurrente pour réaliser un projet de construction de logements et d'une maison de retraite.

Une vingtaine de personnes ont déjà été mises en examen dans le cadre de ce dossier instruit par le juge Charles Duchaîne, dont deux figures présumées du milieu marseillais.

Le magistrat devrait de nouveau entendre le sénateur socialiste Jean-Noël Guérini, dont l'audition a été reportée en début d'année en raison de ses problèmes de santé.

Le Sénat a levé fin décembre son immunité parlementaire. Le juge d'instruction souhaite le placer en garde à vue pour l'interroger dans le cadre de ce dossier connexe à l'instruction principale.

Jean-Noël Guérini a été mis en examen le 8 septembre 2011 pour association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt et trafic d'influence dans le cadre de cette affaire.

Les enquêteurs soupçonnent son frère cadet Alexandre d'avoir eu un "rôle central" et d'être le "donneur d'ordres" dans la mise en place d'un système occulte de surfacturation et de trafic d'influence dans l'attribution de certains marchés publics de la région marseillaise.

Jean-François Rosnoblet, édité par Emmanuel Jarry

 
Michel Ducros, le patron des épiceries fines Fauchon, a été mis en examen fin décembre pour trafic d'influence dans un dossier connexe à une affaire de malversations sur les marchés publics de la région marseillaise. Il est soupçonné d'avoir versé un pot de vin de 500.000 euros à un proche d'Alexandre Guérini, frère du président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, pour débloquer un projet immobilier à la Ciotat. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau