Paris refuse de légiférer sur les licenciements boursiers

mardi 29 janvier 2013 19h12
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français n'entend pas légiférer pour interdire ou renchérir le coût des licenciements dit "boursiers" malgré la montée de cette revendication exprimée par un front syndical.

Reçue dans l'après-midi au ministère du Travail, une délégation de syndicalistes a déposé à l'intention de Michel Sapin une proposition de loi visant à interdire aux entreprises qui font des profits de licencier.

"On veut cette loi contre les licenciements financiers dans les entreprises qui font des bénéfices", a déclaré à Reuters Pascal Vially, coordinateur du syndicat CFDT chez Sanofi, avant d'être reçu rue de Grenelle.

Le géant pharmaceutique français est devenu un cas d'école pour des syndicalistes qui jugent que des licenciements sont déclenchés uniquement dans le but de doper les cours de Bourse.

La direction de Sanofi est ainsi en conflit avec ses salariés après sa décision de supprimer 914 postes d'ici à 2015 alors qu'elle affiche des bénéfices imposants : 2,2 milliards d'euros pour le seul troisième trimestre 2012.

Mais le gouvernement s'en remet pour l'heure à l'accord sur la sécurisation du travail signé le 11 janvier entre les partenaires sociaux et n'entend pas renchérir, comme l'avait promis François Hollande dans ses 60 engagements de campagne, le coût des licenciements.

"Pour l'instant, ce n'est pas un sujet", indique-t-on dans l'entourage du Premier ministre, qui a reçu le soutien indirect de la CFDT au niveau national pour qui l'accord du 11 janvier est "une bonne base" pour lutter contre ces licenciements.

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Manifestation d'employés de Sanofi mardi devant le ministère du Travail, à Paris. Reçue dans l'après-midi au ministère du Travail, une délégation de syndicalistes a déposé à l'intention de Michel Sapin une proposition de loi visant à interdire aux entreprises qui font des profits de licencier mais le gouvernement n'entend pas légiférer pour interdire ou renchérir le coût des licenciements dit "boursiers", malgré la montée de cette revendication exprimée par un front syndical. /Photo prise le 29 janvier 2013/REUTERS/Gonzalo Fuentes