L'innocuité de certains contraceptifs examinée au niveau européen

lundi 28 janvier 2013 19h21
 

LONDRES (Reuters) - L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé lundi qu'elle examinerait l'innocuité des contraceptifs oraux combinés de troisième et quatrième générations afin de déterminer s'il y a lieu d'en limiter l'usage.

Cette décision fait suite à une requête de la France, dont l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a estimé lundi que la pilule Diane 35 ne devait plus être utilisée comme contraceptif.

Ces pilules plus récentes, qui incluent les Meliane et Jasmine fabriquées par les laboratoires Bayer, ont eu du succès parce qu'elles ont moins d'effets secondaires que les pilules antérieures, comme la prise de poids ou l'acné.

Mais la France veut que le régulateur européen en limite l'usage en raison de risques plus élevés de troubles emboliques veineux.

Alors que toutes les contraceptions orales sont associées à un risque de troubles emboliques veineux, plusieurs études suggèrent que le risque est plus élevé pour les pilules plus récentes, de troisième et quatrième générations.

L'EMA, qui avait déclaré le 11 janvier qu'il n'y avait aucune preuve concernant des troubles emboliques veineux, estime que les risques sont "très faibles", même s'ils sont plus élevés dans le cas des pilules de troisième et quatrième générations.

"Il n'y a aucune raison pour qu'une femme arrête sa contraception. Si (elle) a des inquiétudes, elle peut en parler avec son médecin", écrit l'EMA dans son dernier communiqué.

En France, l'ANSM a lancé une concertation au début du mois afin de limiter la prescription de ces pilules depuis le dépôt d'une plainte mi-décembre d'une jeune femme imputant son accident vasculaire cérébral à la pilule. Le gouvernement français a annoncé dans la foulée que ces pilules ne seraient plus remboursées à partir du 31 mars.

En France, près de 2,5 millions de femmes -soit 50% de celles sous pilule contraceptive- prennent une pilule de troisième ou quatrième génération.

Ben Hirschler, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

 
L'Agence européenne des médicaments (EMA) va examiner l'innocuité des contraceptifs oraux combinés de troisième et quatrième générations afin de déterminer s'il y a lieu d'en limiter l'usage. Cette décision fait suite à une requête de la France, dont l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a estimé lundi que la pilule Diane 35 ne devait plus être utilisée comme contraceptif. /Photo prise le 3 janvier 2013/REUTERS/Eric Gaillard