La pilule Diane 35 ne doit plus être utilisée comme contraceptif

lundi 28 janvier 2013 11h06
 

PARIS (Reuters) - La pilule Diane 35 ne doit plus être utilisée comme contraceptif, a déclaré lundi le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui insiste sur les risques de thromboses et d'embolies pulmonaires liés à sa prise.

L'ANSM a fait état dimanche de quatre décès depuis 1987 en France liés à la pilule Diane 35, fabriquée par les laboratoires Bayer et utilisée en France comme un traitement contre l'acné et comme un contraceptif oral.

"Cette situation a assez duré, ça fait 25 ans que ça dure", a déclaré Dominique Maraninchi au micro de RTL. "En France (Diane 35) est utilisé comme contraceptif alors qu'il n'est pas autorisé comme contraceptif. Il faut trancher pour arrêter cet usage ambigu."

"Il faut arrêter de l'utiliser comme contraceptif (...) Les gynécologues, nos experts, considèrent que ce n'est pas un bon contraceptif", a-t-il poursuivi. "Et d'ailleurs la firme (Bayer) ne nous a pas demandé d'enregistrer (Diane 35) comme un contraceptif."

Selon l'ANSM, qui prendra des "décisions dans la semaine" concernant Diane 35 et ses génériques, environ 315.000 femmes utilisaient cette pilule ou ses génériques en France en 2012.

"C'est la responsabilité de l'agence que de faire respecter les indications des médicaments et nous prendrons des mesures bien sûr", a indiqué Dominique Maraninchi.

Les pilules contraceptives, notamment celles de troisième et de quatrième générations, sont sous le feu des critiques depuis le dépôt d'une plainte mi-décembre d'une jeune femme imputant son accident vasculaire cérébral à la pilule.

Les pilules de dernière génération sont accusées de provoquer des risques accrus de troubles emboliques veineux en France où leur prescription est jugée excessive au regard des risques sanitaires qu'elles présentent.

L'ANSM a lancé le 2 janvier une concertation sur ces pilules et la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé la saisine de l'Union européenne pour restreindre leur prescription.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

 
Selon le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), la pilule Diane 35 ne doit plus être utilisée comme contraceptif, en raison notamment des risques de thromboses et d'embolies pulmonaires liés à sa prise. /Photo prise le 3 janvier 2013/REUTERS/Eric Gaillard