Pierre Moscovici appelle Carlos Ghosn à modérer son salaire

lundi 28 janvier 2013 13h17
 

PARIS (Reuters) - Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et de Finances, a appelé à son tour lundi le PDG de Renault, Carlos Ghosn, à faire un effort sur son salaire dans le contexte difficile que traverse actuellement le constructeur automobile.

"L'Etat actionnaire aussi est attentif à la rémunération du premier dirigeant, M. Ghosn", a déclaré Pierre Moscovici sur France Info, à la veille de la reprise des négociations sur la compétitivité de Renault en France. "Quand il a été proposé une certaine rémunération lors du dernier conseil, c'était en décembre, l'Etat actionnaire a voté contre."

"Quand une entreprise rencontre de telles difficultés, il faut en effet qu'il y ait cet effort de décence qui soit fait, et j'appelle à ce qu'il le soit", a-t-il ajouté.

Carlos Ghosn a touché sur l'exercice écoulé près de 13 millions d'euros - 9,92 millions chez Nissan et 2,79 millions chez Renault. Jeudi, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait estimé qu'il ne serait "pas absurde" de demander un effort à Carlos Ghosn sur ce sujet.

Renault, dont l'Etat est le principal actionnaire avec 15% du capital, reprend mardi les négociations pour rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols, notamment via un gel des salaires cette année et des hausses limitées en 2014 et 2015.

Le groupe espère conclure un accord d'ici le début février, faute de quoi il ne pourra s'engager à pérenniser tous ses sites dans l'Hexagone. Plusieurs syndicats y ont dénoncé une forme de chantage.

Chez PSA Peugeot Citroën, les négociations sur le plan social se poursuivront aussi ce jour-là dans un contexte houleux à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où le site d'assemblage est voué à la fermeture en 2014.

L'usine, qui n'a pas produit de voitures pendant dix jours sous l'effet conjugué d'une grève, de la neige et de ce que PSA a qualifié de dégradations volontaires, a rouvert lundi matin dans une atmosphère tendue entre les non-grévistes et les manifestants.

La direction de l'usine, qui a dénombré 180 grévistes sur un effectif de 3.000 personnes, a appelé en renfort 200 cadres des autres sites du groupe et quadruplé le nombre de vigiles aux portes du site. Une porte-parole a souligné que le nombre de grévistes restait stable mais que la production n'avait repris qu'au compte-gouttes, l'équipe du matin ayant été marquée également par un fort absentéisme.

Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

 
Le ministre de l'Economie et de Finances a appelé à son tour lundi Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a faire un effort sur son salaire, en évoquant le contexte actuel que traverse le constructeur automobile. /Photo prise le 22 juin 2012/REUTERS/Toru Hanai