L'agitation persiste en Egypte malgré l'état d'urgence

lundi 28 janvier 2013 17h21
 

par Edmund Blair et Shaimaa Fayed

LE CAIRE (Reuters) - Les manifestations violentes qui durent depuis cinq jours en Egypte ont fait un mort de plus lundi au Caire, au lendemain de l'imposition de l'état d'urgence à Ismaïlia, Suez et Port-Saïd, d'où sont partis les troubles jeudi.

Le gouvernement a en outre approuvé un décret qui permet à l'armée d'arrêter des civils et lui demande d'aider la police à maintenir l'ordre, sans que l'on sache si la mesure s'appliquera uniquement aux trois villes des bords du canal de Suez ou à l'ensemble du pays.

De source proche du gouvernement, on précise néanmoins que l'armée se comportera "comme une force de police", ce qui signifie que les personnes arrêtées seront traduites devant un tribunal civil et non militaire.

Le Front de salut national (FSN), qui réunit les principales composantes de l'opposition, a de son côté demandé au président Mohamed Morsi d'assumer la responsabilité des violences qui ont fait 50 morts depuis jeudi, et a refusé de se rendre à un "dialogue national" convoqué lundi par le chef de l'Etat.

Par la voix de son coordinateur Mohamed ElBaradei, le FSN a jugé que la proposition de dialogue était "superficielle", sans exclure de participer à de futures discussions si Mohamed Morsi acceptait les conditions de l'opposition.

Au Caire, un passant âgé de 46 ans a été tué par balle près de la place Tahrir, épicentre de la révolution de 2011, où des manifestants jettent des pierres contre la police qui réplique par des grenades lacrymogènes. On ignore d'où est venu le tir.

Des opposants au président Morsi campent depuis plusieurs jours sur la place Tahrir, et certains affichent leur intention de renverser le régime, comme Ibrahim Eissa, 26 ans, qui veut "mettre fin à un Etat contrôlé par les Frères musulmans", dont est issu le président.

UN MOIS DE COUVRE-FEU   Suite...

 
Les manifestations violentes qui durent depuis cinq jours en Egypte ont fait un mort de plus lundi au Caire (photo), au lendemain de l'imposition de l'état d'urgence à Ismaïlia, Suez et Port-Saïd, d'où sont partis les troubles jeudi. /Photo prise le 28 janvier 2013/REUTERS/Amr Abdallah Dalsh