La France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l'UE

jeudi 24 janvier 2013 10h32
 

PARIS (Reuters) - La France souhaite garder le Royaume-Uni dans l'Union européenne mais celle-ci ne doit pas devenir une "machine à dérogations", a déclaré jeudi le ministre français des Affaires européennes, au lendemain du discours de David Cameron sur l'Europe.

Pour Bernard Cazeneuve, interrogé par Canal+, il faut "prendre du recul" par rapport à l'annonce par le Premier ministre conservateur britannique d'un futur référendum sur la place de son pays au sein de l'UE.

"On sait que cette annonce est dictée essentiellement par des considérations de politique intérieure. Il y a une frange du parti conservateur qui est très eurosceptique" a fait valoir le ministre français, pour qui David Cameron veut faire de l'Europe un sujet des prochaines élections britanniques.

Bernard Cazeneuve a estimé au passage que cela risquait d'accroître encore l'euroscepticisme et qu'il fallait au contraire que l'Europe apparaisse comme une solution en proposant davantage d'intégration et d'harmonisation.

"Elle n'a pas besoin de devenir une machine à dérogations qui finirait par aboutir à la désintégration de l'UE", a-t-il poursuivi.

"Nous souhaitons que la Grande-Bretagne reste au sein de l'UE (...) La Grande-Bretagne a par ailleurs intérêt à rester au sein de l'UE", a-t-il ajouté. "Nous avons dit avec les Allemands que nous pourrons en discuter mais nous devrons discuter dans un cadre clair et l'Europe ne peut pas être une Europe à la carte."

"Il peut y avoir, dans le cadre des évolutions institutionnelles que connaîtra l'Union européenne, des discussions entre les Etats", a-t-il conclu. "La discussion oui mais l'Europe fonctionne davantage sur la base du compromis (...) que sur le bras de fer ou le rapport de forces."

Emmanuel Jarry

 
Le ministre français des Affaires européennes Bernard Cazeneuve a déclaré, au lendemain du discours de David Cameron sur l'Europe, que la France souhaitait garder le Royaume-Uni dans l'Union européenne mais que cette dernière ne devait pas devenir une "machine à dérogations". /Photo prise le 25 août 2012/REUTERS/Stéphane Mahé