La France inquiète pour ses exportations de volaille

vendredi 18 janvier 2013 20h05
 

par Gus Trompiz et Pierre-Henri Allain

PARIS/RENNES (Reuters) - La France va demander à l'Union européenne de reconsidérer une réduction de moitié des subventions accordées aux exportations de volaille, a déclaré vendredi à Reuters le ministre délégué chargé de l'agroalimentaire, Guillaume Garot.

Le gouvernement redoute notamment que cette décision, prise avec effet immédiat, soit préjudiciable au groupe volailler Doux, placé en redressement judiciaire après son dépôt de bilan en juin et principal allocataire de ces aides.

La mesure a été publiée vendredi au Journal officiel de la Commission européenne, cette réduction intervenant après l'échec de discussions entre les Etats membres dans ce dossier.

Au total, en prenant en compte une mesure similaire décidée l'an dernier, cela signifie que ces subventions européennes ont été réduites des deux tiers depuis octobre.

Quelque 5.000 emplois directs pourraient être touchés par la baisse de ces subventions, selon la Fédération des industries avicoles (FIA), qui représentent environ 30.000 emplois en France, pour une grande part concentrés en Bretagne.

Ces aides à l'export, qui s'appliquent pour certaines destinations comme le Moyen-Orient, représentent un soutien financier important pour Doux. Elles ont atteint 55 millions d'euros en 2011 pour le groupe, qui ne devrait plus percevoir que 20 millions d'euros environ en 2013, selon un calcul effectué par le syndicat CFDT de l'entreprise.

Tilly-Sabco, l'autre grand groupe volailler français, a pour sa part reçu 19 millions d'euros de ces aides européennes en 2011.

"Comment voulez-vous que des entreprises comme Doux, qui est fragile et sort d'un redressement judiciaire, qu'une entreprise comme Tilly-Sabco puissent s'en sortir ?", a déclaré Guillaume Garot par téléphone.   Suite...

 
La France va demander à l'Union européenne de reconsidérer une réduction de moitié des subventions accordées aux exportations de volaille, une mesure qui dit-elle pourrait toucher 5.000 emplois directs. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen